Afrique
Égypte
Aboe Simbel
Temple
Abu Sunbul
Nom :Abou Simbel
Période de construction :environ 1264 av. J.-C. à 1244 av. J.-C.
Commanditaire :Pharaon Ramsès II
Hauteur du temple :environ 30 mètres
Longueur x profondeur du Grand Temple :environ 35 mètres x 63 mètres
Hauteur des statues :jusqu’à 20 mètres
Redécouverte :en 1813 par Johann Ludwig Burckhardt
Patrimoine mondial de l’UNESCO :depuis 1979
Vue extérieure en léger biais des statues colossales d’Abou Simbel en Égypte.

28 faits fascinants sur Aboe Simbel

 

  1. Emplacement : Abou Simbel se trouve à l’extrême sud de l’Égypte, au bord du gigantesque lac Nasser, à environ vingt kilomètres de la frontière avec le Soudan. Le site est construit sur un plateau artificiel, au cœur du paysage aride et impressionnant du désert nubien. Depuis les temples, la vue s’étend largement au-dessus des eaux du lac.
  2. Accessibilité : Se rendre à Abou Simbel demande une certaine organisation. Depuis Assouan, une route désertique longue de près de 280 kilomètres mène jusqu’au site, le plus souvent dans le cadre d’une excursion guidée qui commence dès quatre heures du matin. Il existe aussi des vols intérieurs quotidiens depuis Le Caire ou Assouan jusqu’à l’aéroport d’Abou Simbel, situé à seulement quelques minutes des temples.
  3. Importance : Abou Simbel est l’un des monuments les plus prestigieux de l’Égypte antique. Il témoigne de manière exceptionnelle de l’architecture pharaonique et symbolise la puissance royale. Le complexe comprend deux temples colossaux creusés dans la roche avec une précision remarquable : l’un est dédié à Ramsès II, l’autre à son épouse Néfertari. Aujourd’hui, Abou Simbel fait partie des sites touristiques les plus visités du pays et accueille chaque année près de 300 000 visiteurs venus du monde entier.
  4. Ramsès II : Ramsès II, souvent appelé Ramsès le Grand, est l’un des souverains les plus célèbres et les plus influents de l’histoire égyptienne. Il régna pendant plus de soixante ans, une durée exceptionnelle, et marqua son époque par d’immenses projets de construction, des succès militaires et une image publique soigneusement façonnée. De son vivant déjà, il était vénéré comme un être presque divin. Son nom reste aujourd’hui associé à la grandeur de la civilisation égyptienne.
  5. Origines et ascension : Ramsès naquit vers 1303 avant notre ère, fils du pharaon Séthi Ier et de la reine Touya. Dès son jeune âge, il assuma des fonctions militaires et politiques, et fut nommé co-régent par son père. Il monta sur le trône à environ 25 ans et inaugura une nouvelle ère de gloire pour l’Égypte.
  6. Règne et politique : Le règne de Ramsès II, entre 1279 et 1213 avant notre ère, fut une période de stabilité, de richesse et d’une activité architecturale sans précédent. Outre Abou Simbel, il fit édifier le Ramesseum à Thèbes, des temples à Louxor et à Karnak, ainsi qu’une nouvelle capitale dans le delta du Nil, appelée Pi-Ramsès. Il consolida son pouvoir grâce à une diplomatie habile, à une mise en scène religieuse soigneusement orchestrée et à une propagande ciblée.
  7. La bataille de Qadesh : L’un des événements les plus marquants du règne de Ramsès II fut la bataille de Qadesh contre l’Empire hittite, qui se déroula vers 1274 avant notre ère. Cette confrontation est considérée comme l’une des premières grandes batailles de l’histoire. Bien qu’elle se soit soldée par un résultat indécis, Ramsès la fit représenter dans ses inscriptions et ses reliefs comme une victoire éclatante. Le traité de paix qui suivit est reconnu comme le plus ancien accord diplomatique connu et renforça la position de Ramsès en tant que stratège et dirigeant de grande envergure.
  8. Héritage : Ramsès II mourut à un âge avancé, probablement vers quatre-vingt-dix ans. Sa momie fut découverte en 1881 dans une cache secrète à Deir el-Bahari, où des prêtres de la vingt-et-unième dynastie avaient dissimulé plusieurs corps royaux pour les protéger des pilleurs de tombes. Aujourd’hui, la dépouille de Ramsès II est exposée au Musée national de la civilisation égyptienne au Caire. Sa momie compte parmi les mieux conservées de l’Antiquité. De nombreux monuments, inscriptions et statues portent son nom. Plusieurs souverains des générations suivantes choisirent délibérément le nom de Ramsès pour faire revivre sa gloire.
  9. Néfertari : Néfertari fut la Grande Épouse Royale de Ramsès II et demeure aujourd’hui l’une des femmes les plus influentes de l’histoire de l’Égypte ancienne. Son nom signifie « La belle est arrivée » et témoigne de son charisme exceptionnel. Ramsès lui vouait une grande admiration et ne la considérait pas seulement comme épouse, mais aussi comme partenaire. Il lui fit construire un temple à Abou Simbel, un privilège rare accordé à très peu de reines.
  10. Origines et ascension de Néfertari : L’origine exacte de Néfertari n’est pas connue avec certitude, mais elle appartenait probablement à une famille influente de la noblesse thébaine. Avant même l’accession de Ramsès au trône, elle entretenait déjà des liens étroits avec la cour, peut-être en tant que prêtresse initiée aux rituels. Lors de l’avènement de Ramsès, elle fut proclamée Première Dame d’Égypte et assuma un rôle de partenaire à part entière auprès du pharaon.
  11. Rôle politique de Néfertari : Néfertari fut bien plus qu’une simple épouse royale. Elle participa activement aux rituels de la cour et fut honorée dans de nombreuses inscriptions. On l’associa même à la déesse Hathor. À Abou Simbel, Ramsès fit ériger des statues à son image, dont la taille égale celle du pharaon. Cette représentation souligne de manière exceptionnelle l’importance que Ramsès lui accordait. Aujourd’hui encore, Néfertari est considérée comme la reine par excellence.
  12. Les nombreuses épouses de Ramsès : En plus de sa grande épouse, Ramsès II eut de nombreuses femmes, concubines et compagnes. Plusieurs de ces unions avaient une portée politique, notamment pour consolider des alliances avec des royaumes voisins comme celui des Hittites. Plus de cent enfants attestent de son statut exceptionnel et de l’étendue de son harem royal.
  13. Mort et héritage de Néfertari : Néfertari mourut probablement durant les vingt premières années du règne de Ramsès, car elle n’apparaît plus dans les documents ultérieurs. Pour lui rendre hommage, Ramsès fit construire dans la Vallée des Reines un tombeau remarquable, décoré de peintures murales éclatantes qui illustrent son voyage vers l’au-delà. Néfertari reste une figure emblématique de la beauté et de la dignité royales.
  14. Construction des temples : Au XIIIᵉ siècle avant notre ère, les temples d’Abou Simbel furent sculptés directement dans une falaise de grès naturel avec une précision impressionnante. À l’aide d’outils simples comme des ciseaux en cuivre et des maillets en dolérite, des centaines d’ouvriers creusèrent des galeries, des salles à colonnes et de gigantesques statues dans la roche. Ce chantier reste l’un des plus grands exploits de l’ingénierie de l’Égypte ancienne.
  15. Grand Temple : Le Grand Temple d’Abou Simbel est dédié à Ramsès II et compte parmi les sanctuaires les plus impressionnants de l’Égypte antique. Il s’enfonce sur environ soixante-trois mètres dans la roche et fascine par son architecture symétrique, ses vastes salles à piliers et ses reliefs finement sculptés. Au cœur du sanctuaire, quatre statues divines sont alignées, dont Ramsès lui-même en tant que dieu.
  16. Statues colossales de Ramsès II : La façade du Grand Temple est dominée par quatre statues monumentales représentant Ramsès II assis. Chacune mesure plus de vingt mètres de haut. Le visage est sculpté avec une grande finesse, la coiffe royale souligne l’autorité du souverain, et l’ensemble dégage une impression de puissance majestueuse. Ces figures incarnent à la fois la grandeur du pharaon et le savoir-faire des sculpteurs égyptiens. L’une des statues fut gravement endommagée lors d’un tremblement de terre, et ses débris reposent encore devant le temple.
  17. Statues à l’intérieur du temple : Au fond du sanctuaire du Grand Temple, quatre divinités sont assises côte à côte. Il s’agit de Ptah, Amon-Rê, Rê-Horakhty et Ramsès II en tant que dieu. Rê-Horakhty symbolise le soleil levant, Amon-Rê est le dieu invisible et créateur originaire de Thèbes, et Ptah représente le maître artisan ainsi que le seigneur du monde souterrain. Le fait que Ramsès se soit placé à égalité avec ces dieux montre clairement son désir d’être considéré comme une divinité dès son vivant.
  18. Le miracle solaire : Deux fois par an, le 22 février et le 22 octobre, un rayon de soleil pénètre à l’aube dans le sanctuaire du Grand Temple. Pendant environ vingt minutes, la lumière illumine les statues de Ramsès II, d’Amon-Rê et de Rê-Horakhty. Seule la figure de Ptah reste dans l’ombre, car il est associé au royaume des morts. Il est probable que ces dates aient été choisies en lien avec l’anniversaire de Ramsès ou le jour de son couronnement.
  19. Salle hypostyle : Derrière l’entrée du Grand Temple s’étend une vaste salle hypostyle, soutenue par huit piliers. Chacun représente Ramsès II sous la forme du dieu Osiris. Ce dernier incarne la résurrection, l’ordre et la vie après la mort. Les parois sont décorées de scènes rituelles, de cérémonies religieuses et de représentations militaires, où le pharaon apparaît comme une figure divine. À l’origine, ces reliefs étaient richement colorés. Aujourd’hui, seules quelques traces témoignent encore de leurs teintes éclatantes.
  20. Petit Temple : Le Petit Temple d’Abou Simbel est dédié à la reine Néfertari et à la déesse Hathor. Il fait partie des rares sanctuaires égyptiens consacrés à la fois à une souveraine humaine et à une divinité. Situé non loin du Grand Temple, il séduit par ses proportions équilibrées et ses décorations magnifiquement colorées. Ce monument est l’un des plus grands témoignages d’estime qu’un pharaon ait jamais rendu à une reine.
  21. Statues colossales : La façade du Petit Temple est décorée de six statues mesurant environ dix mètres de haut. Quatre représentent Ramsès II et deux la reine Néfertari. Ce qui impressionne particulièrement, c’est que toutes les figures ont la même taille. Dans l’art égyptien, les femmes étaient généralement représentées plus petites que les hommes. Cette égalité de proportions témoigne de la considération exceptionnelle que Ramsès portait à son épouse. Néfertari est la seule femme que le pharaon ait fait représenter à ses côtés dans des dimensions aussi majestueuses.
  22. Reliefs : À l’intérieur du temple, de superbes reliefs montrent Néfertari offrant des présents, apparaissant parmi les dieux et recevant la protection de la déesse Hathor. L’état de conservation de ces représentations est remarquable. De nombreuses scènes conservent des couleurs vives comme le rouge, le bleu, le vert et le jaune, malgré plus de trois mille ans d’exposition. Les visages sculptés sur les piliers ornés de têtes d’Hathor présentent encore des contours nets et une qualité de détail exceptionnelle.
  23. La frise des babouins : Au-dessus de l’entrée du Grand Temple, une frise représente vingt-deux babouins assis, les bras levés en direction du ciel. Ces animaux étaient sacrés et associés au dieu solaire Rê. Ils symbolisaient le lever quotidien du soleil et l’harmonie cosmique. Cette frise est le premier élément du temple à être touché par les rayons du soleil chaque matin. Elle reste aujourd’hui l’un des détails les plus impressionnants de l’architecture extérieure.
  24. Redécouverte du site : Pendant plusieurs siècles, Abou Simbel resta enfoui sous les sables du désert. En 1813, l’explorateur suisse Jean-Louis Burckhardt aperçut la façade du temple, sans pouvoir y accéder. Ce fut seulement en 1817 que l’Italien Giovanni Belzoni réussit à dégager l’entrée. Il entra ainsi dans le sanctuaire et fut le premier à le découvrir à nouveau après plus de trois mille ans.
  25. Sauvetage du site : Dans les années 1960, Abou Simbel fut menacé par la montée des eaux du lac Nasser, créé après la construction du haut barrage d’Assouan. Sous l’impulsion de l’UNESCO, plus de cinquante pays s’associèrent pour permettre le sauvetage de ce patrimoine unique. Le temple fut découpé en près de mille blocs, déplacé soixante-cinq mètres plus haut et reconstruit à deux cents mètres de son emplacement d’origine. L’orientation solaire fut conservée avec une précision remarquable. Cette opération, qui coûta environ quarante millions de dollars, est aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes réussites de la conservation du patrimoine mondial.
  26. Spectacle son et lumière : Une fois la nuit tombée, Abou Simbel se transforme en une scène grandiose. Lors du spectacle son et lumière, les temples sont mis en valeur par des jeux de lumière colorée tandis qu’une narration retrace l’histoire de Ramsès II, de Néfertari et du sauvetage du site. Ce récit est proposé dans plusieurs langues. L’ensemble offre une expérience immersive qui rend la visite nocturne particulièrement mémorable.
  27. Origine du nom : Le nom Abou Simbel n’est pas issu de l’époque des pharaons. Il est apparu au XIXᵉ siècle. Selon une légende locale, un jeune garçon nubien nommé Abou Simbel aurait montré à des explorateurs européens l’entrée ensevelie du temple. Cette histoire n’est cependant pas confirmée par des sources historiques. Le nom d’origine du site était Ipsambul, comme l’attestent des inscriptions datant du règne de Ramsès II.
  28. Patrimoine mondial de l’UNESCO : En 1979, Abou Simbel fut inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le site fait partie de l’ensemble des « Monuments nubiens d’Abou Simbel à Philae ». Cette désignation inclut également les temples d’Amada, de Derr, de Maharraqa, de Wadi es-Seboua et celui de Philae, tous situés le long du Nil.