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Allemagne
Cologne
Cathédrale
Kölner Dom
Nom:Cathédrale de Cologne
Période de construction:1248 – 1880
Commanditaire:Archevêque Konrad von Hochstaden
Premier maître d’œuvre:Maître Gerhard
Style architectural:Gothique rayonnant
Hauteur:157,22 mètres (tour sud)
Superficie totale:env. 7 914 m²
Patrimoine mondial de l’UNESCO:depuis 1996

23 faits fascinants sur la Cathédrale de Cologne

 

  1. Localisation : La Cathédrale de Cologne se dresse au cœur du centre-ville, juste à côté de la gare centrale et à quelques pas du Rhin. Grâce à sa situation privilégiée sur la place de la cathédrale, elle fait partie des sites les plus emblématiques et les plus accessibles de la ville.
  2. Importance : Avec une hauteur d’environ 157 mètres, la Cathédrale de Cologne est aujourd’hui la quatrième église la plus haute du monde. Seules la Sagrada Familia à Barcelone, la cathédrale d’Ulm et la basilique Notre-Dame de la Paix en Côte d’Ivoire la dépassent. Elle est le symbole incontesté de Cologne et figure parmi les monuments les plus célèbres et les plus visités d’Allemagne.
  3. Histoire ancienne : Bien avant la construction de la Cathédrale de Cologne, un quartier résidentiel romain occupait cet emplacement, à proximité des remparts et de la porte nord de la ville. Il est probable qu’une église épiscopale s’y trouvait déjà à l’époque paléochrétienne, même si cela n’a pas pu être prouvé avec certitude par l’archéologie. En revanche, une vaste église du haut Moyen Âge datant du VIe siècle est attestée de manière fiable. Elle comprenait un baptistère avec un bassin baptismal situé à l’est du chœur actuel. Sous le chœur, les archéologues ont également mis au jour des tombes ainsi que les vestiges d’une chaire paléochrétienne et d’un banc sacerdotal en maçonnerie.
  4. L’ancienne cathédrale : Avant l’édification de l’actuelle Cathédrale de Cologne, une grande église épiscopale carolingienne, appelée l’ancienne cathédrale, se dressait à cet endroit. Ce monument imposant fut construit vers 800 et consacré en 873. Avec une longueur d’environ 95 mètres, elle comptait parmi les plus grandes églises de son époque au nord des Alpes.
  5. Ascension en lieu de pèlerinage : L’essor de Cologne comme important centre de pèlerinage débuta en 1164 avec l’arrivée des reliques des Rois mages. L’archevêque Rainald de Dassel les rapporta de Milan comme butin, après la conquête de la ville par l’empereur Frédéric Barberousse. Selon la tradition chrétienne, ces reliques sont considérées comme les restes des trois sages venus d’Orient qui, d’après la Bible, offrirent des présents à Jésus nouveau-né. Grâce à ces précieuses reliques, Cologne devint l’un des principaux lieux de pèlerinage d’Europe. Pour répondre à cette importance religieuse croissante, la décision fut prise par la suite de construire une nouvelle cathédrale monumentale.
  6. Histoire de la construction : La première pierre de la Cathédrale de Cologne fut posée le 15 août 1248, et une première grande phase de travaux fut solennellement achevée en 1322. Les travaux se poursuivirent ensuite quelque temps, avant de s’interrompre après 1520 pendant plus de 300 ans. Durant cette période, la cathédrale domina le paysage urbain sous la forme d’un immense chantier inachevé. Cet arrêt s’explique principalement par des difficultés financières, la Réforme ainsi que les profonds bouleversements politiques et sociaux du début de l’époque moderne.
  7. Occupation française : Pendant l’occupation française de 1794 à 1814, la Cathédrale de Cologne perdit temporairement sa fonction religieuse et fut fermée au culte en 1796. Elle servit alors notamment d’entrepôt et, par moments, de camp de prisonniers de guerre. Ce n’est qu’au XIXe siècle, après la fin de la domination française et la réorganisation de l’archevêché, qu’elle retrouva son rôle de centre spirituel.
  8. Achèvement : Au début du XIXe siècle, l’intérêt pour l’achèvement de la Cathédrale de Cologne connut un nouvel essor. Celui-ci fut notamment porté par le collectionneur d’art Sulpiz Boisserée, la redécouverte de plans médiévaux et un engouement croissant pour l’architecture gothique. En 1842, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV ordonna officiellement la reprise des travaux. Après des siècles d’interruption, la cathédrale fut finalement achevée en 1880. À cette date, elle était à la fois le plus haut édifice du monde, jusqu’à ce que le Washington Monument la dépasse en 1884, et la plus haute église du monde, jusqu’à ce que la cathédrale d’Ulm prenne ce titre en 1890.
  9. Plan de façade médiéval : Un élément décisif pour l’achèvement de la Cathédrale de Cologne fut un plan de façade médiéval connu sous le nom de Riss F. Ce dessin sur parchemin de plus de 4 mètres de haut, datant du XIIIe siècle, représente la façade ouest de la cathédrale avec une précision remarquable et se compose de plusieurs feuilles assemblées. La première moitié du plan fut découverte en 1814 dans le grenier de l’auberge Zur Traube à Darmstadt. La seconde moitié réapparut quelques années plus tard chez un antiquaire à Paris. Aujourd’hui, l’original est conservé dans les archives de la cathédrale, tandis qu’une reproduction réduite est exposée dans le trésor de la cathédrale.
  10. Financement : L’association centrale de la cathédrale fut fondée en 1842 afin de collecter des fonds pour achever la Cathédrale de Cologne. Grâce aux cotisations, aux dons et à une loterie dédiée, elle finança une grande partie des coûts de construction jusqu’à l’achèvement en 1880. Aujourd’hui encore, elle contribue à la restauration et à l’entretien de la cathédrale et prend en charge une part importante des frais de maintenance.
  11. Seconde Guerre mondiale : Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville de Cologne fut en grande partie détruite par de violents bombardements aériens. La Cathédrale de Cologne fut elle aussi touchée à plusieurs reprises et subit d’importants dégâts. De vastes sections des voûtes de la nef et du transept s’effondrèrent, tandis que de nombreux vitraux et éléments du mobilier furent détruits. Après la guerre, un vaste programme de reconstruction fut engagé, permettant une restauration progressive de la cathédrale jusque dans les années 1950.
  12. Matériaux de construction : La Cathédrale de Cologne est construite principalement en pierre naturelle, notamment en trachyte provenant de carrières situées autour de Cologne, ainsi qu’en différents grès et calcaires ajoutés au fil des siècles. Comme elle fait l’objet d’un entretien et de restaurations continus depuis des siècles, sa façade extérieure présente aujourd’hui une grande variété de pierres issues de différentes phases de construction. Sa teinte sombre résulte de l’altération naturelle, de la pollution de l’air et de réactions chimiques dans la pierre, qui entraînent la formation de croûtes noires composées de gypse et de dépôts.
  13. Le reliquaire des Rois mages : Le reliquaire des Rois mages est l’œuvre d’art la plus célèbre de la Cathédrale de Cologne et est considéré comme le plus grand et le plus important reliquaire du Moyen Âge. Sa réalisation débuta vers 1190 dans l’atelier du célèbre orfèvre Nicolas de Verdun, avec la participation d’autres artistes. Ce précieux reliquaire, conservé dans le chœur, abrite les reliques vénérées comme celles des Rois mages. Avec sa riche ornementation en or, argent, pierres précieuses et nombreuses figures, il compte parmi les œuvres d’art les plus remarquables et les plus précieuses d’Europe.
  14. Maître-autel : Le maître-autel de la Cathédrale de Cologne se situe au centre du chœur et fut consacré en 1322 en l’honneur de l’apôtre Pierre. Cette table d’autel monumentale est revêtue de marbre noir et possède une dalle supérieure taillée dans un seul bloc, considérée comme la plus grande pierre de toute la cathédrale. Juste derrière se trouve le célèbre reliquaire des Rois mages, réunissant ainsi deux des œuvres les plus importantes de la cathédrale en un même lieu.
  15. Stalles du chœur : Derrière le maître-autel, dans le chœur de la Cathédrale de Cologne, se trouve l’un des plus vastes ensembles de stalles médiévales conservés en Europe. La structure inférieure date des années 1308 à 1311, et l’ensemble comprend 104 sièges en bois de chêne. Pendant des siècles, les membres du chapitre de la cathédrale occupaient ces places lors des offices quotidiens.
  16. Croix de Gero : La croix de Gero fut probablement réalisée vers 970 et compte parmi les plus anciens crucifix monumentaux conservés au nord des Alpes. Cette sculpture en bois, haute de près de 3 mètres, représente le Christ non pas comme un vainqueur triomphant de la mort, mais comme un homme déjà décédé, la tête inclinée et les yeux fermés. Aujourd’hui, elle est conservée dans la chapelle de la croix, dans le bas-côté nord, et est considérée comme une œuvre majeure de l’art médiéval en raison de son réalisme saisissant.
  17. Autel des saints patrons de la ville : L’autel des saints patrons de la ville fut réalisé vers 1442 par le peintre colognais Stefan Lochner. Ce remarquable retable à volets de la fin du gothique représente, une fois ouvert, les principaux saints protecteurs de la ville, dont la Vierge Marie avec l’Enfant Jésus ainsi que les Rois mages, particulièrement vénérés à Cologne. À l’origine, l’autel se trouvait dans la chapelle du conseil de l’hôtel de ville de Cologne, avant d’être transféré dans la cathédrale au XIXe siècle. Aujourd’hui, il est exposé dans la chapelle de la Vierge, située dans le déambulatoire nord du chœur.
  18. Vitraux : Les vitraux de la Cathédrale de Cologne couvrent une surface d’environ 10.000 mètres carrés et comptent parmi les ensembles de verrières les plus remarquables d’Europe. Certains des plus anciens remontent au XIIIe siècle, tandis que de nombreux autres furent réalisés au XIXe siècle ou reconstruits après les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Le vitrail moderne de Richter, situé dans le transept sud et installé en 2007, est particulièrement célèbre. Il se compose de 11.263 carrés de verre coloré répartis en 72 teintes. À cet emplacement se trouvait auparavant un vitrail du XIXe siècle représentant des souverains et des évêques saints, détruit pendant la guerre. L’ouverture resta ensuite pendant des décennies simplement fermée par un vitrage provisoire, jusqu’à la création de l’œuvre actuelle.
  19. Trésor de la cathédrale : Le trésor de la Cathédrale de Cologne se situe sur le côté nord de l’édifice et fut ouvert en 2000. Installé sous terre dans d’anciennes caves voûtées, il présente, dans six salles d’exposition, de précieux reliquaires, objets liturgiques et croix d’apparat datant du IVe au XXe siècle. L’accès se fait par un bâtiment moderne en forme de cube, revêtu de plaques de bronze sombre. En raison de son contraste marqué avec la façade gothique, cette construction suscita des controverses lors de son inauguration.
  20. Cloche Saint-Pierre : La cloche Saint-Pierre de la Cathédrale de Cologne, appelée « Decke Pitter » en dialecte local, est l’une des plus grandes cloches en vol libre du monde, avec un poids d’environ 24 tonnes. Elle fut coulée en 1923 dans la ville d’Apolda, en Thuringe, et possède un diamètre de 3,22 mètres. Suspendue dans la tour sud-ouest, elle ne sonne qu’à des occasions particulières, comme les grandes fêtes religieuses ou des événements majeurs.
  21. Plateforme d’observation : Dans la tour sud de la Cathédrale de Cologne se trouve, à environ 100 mètres de hauteur, une plateforme d’observation offrant une vue imprenable sur Cologne, le Rhin et la région environnante. Les visiteurs y accèdent en gravissant 533 marches, d’abord par un étroit escalier en colimaçon, puis par des escaliers métalliques. Au cours de l’ascension, ils passent également devant le beffroi de la cathédrale, où se trouvent plusieurs de ses célèbres cloches.
  22. Légende de la pierre du diable : Selon une ancienne légende liée à la cathédrale, une violente tempête arracha en 1434 un énorme bloc de pierre du toit de la Cathédrale de Cologne et le projeta à travers les voûtes jusque dans l’intérieur de l’église. Le rocher serait tombé près du reliquaire des Rois mages sans endommager les précieuses reliques. La tradition populaire expliquait cet événement en affirmant que le diable avait lancé la pierre, mais que son attaque avait été déjouée par une intervention divine.
  23. Patrimoine mondial de l’UNESCO : La Cathédrale de Cologne est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996 et est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre majeurs de l’architecture gothique en Europe. Entre 2004 et 2006, elle fut temporairement inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en péril. Cette décision était liée à des projets de gratte-ciel sur la rive droite du Rhin, que l’UNESCO estimait susceptibles de nuire à la silhouette historique de la cathédrale et à son impact visuel dans le paysage. Après la modification des projets et la mise en place de mesures de protection plus strictes pour le paysage urbain, la cathédrale fut retirée de cette liste en 2006.