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Palerme
Cathédrale
Cattedrale di Palermo
Nom :Cathédrale de Palerme
Début de la construction :vers 1185
Commanditaire :Archevêque Gautier Ophamil
Longueur :102 mètres
Largeur :40 mètres
Hauteur :env. 56 mètres
Matériau :tuf calcaire et marbre
Patrimoine mondial de l’UNESCO :depuis 2015

21 faits fascinants sur la Cathédrale de Palerme

 

  1. Situation : La Cathédrale de Palerme se situe au cœur du centre historique de la capitale sicilienne, le long du Corso Vittorio Emanuele, l’un des axes majeurs de la vieille ville. À proximité immédiate de sites emblématiques comme le Palais des Normands, sa silhouette caractéristique marque fortement le paysage urbain.
  2. Importance : La Cathédrale de Palerme figure parmi les sites les plus importants de Sicile et constitue l’un des symboles les plus emblématiques de la ville.
  3. Première cathédrale : Après l’édit de tolérance promulgué en 313 par l’empereur Constantin, qui autorisa la libre pratique du christianisme dans l’Empire romain, la première cathédrale chrétienne de la ville fut probablement construite à cet emplacement au IVe ou Ve siècle. Son apparence et sa localisation exacte restent aujourd’hui largement inconnues. Il est toutefois certain qu’elle fut détruite en 440 lors de la prise de Palerme par les Vandales. Ce peuple germanique, originaire d’Europe centrale, mena au Ve siècle de vastes campagnes depuis l’Afrique du Nord contre de nombreuses régions du bassin occidental de la Méditerranée.
  4. Deuxième cathédrale : Entre 590 et 602, l’évêque Vittore fit édifier sur le site de l’actuelle Cathédrale de Palerme une nouvelle église nettement plus vaste, dédiée à la Vierge Marie. Son apparence précise et sa localisation exacte restent aujourd’hui peu connues. Il est toutefois établi qu’il s’agissait d’un édifice de grande ampleur, probablement doté d’un plan quadrangulaire, qui servait d’église principale à une communauté chrétienne en pleine expansion.
  5. Mosquée et reconversion : Après la conquête de Palerme en 831 par les Aghlabides venus de l’actuelle Tunisie, la cathédrale existante fut transformée en grande mosquée. Quelques traces de cette période sont encore visibles aujourd’hui, notamment une inscription coranique gravée sur la première colonne à gauche du portique sud. À la suite de la conquête normande en 1072, le bâtiment fut reconverti en église chrétienne et continua d’être utilisé dans un premier temps. Les Normands étaient les descendants de Vikings scandinaves installés en Normandie, d’où ils partirent à la conquête du sud de l’Italie et de la Sicile.
  6. Histoire de la construction : Vers 1184, l’archevêque Gualtiero Offamilio fit en grande partie démolir l’ancienne église afin de construire, à sa place, une nouvelle cathédrale à la hauteur du rang politique et religieux de Palerme. De cette phase normande subsistent encore aujourd’hui principalement les puissantes absides orientales ainsi que certaines parties des murs extérieurs. Au fil des siècles, la Cathédrale de Palerme fut agrandie et remaniée à plusieurs reprises, notamment avec la réalisation du portail sud en 1426 et du portique sud en 1453. La transformation la plus profonde intervint entre 1781 et 1801, selon les plans de Ferdinando Fuga, lorsque la cathédrale reçut sa coupole, adopta un plan en croix et vit son intérieur largement repensé. L’édifice apparaît ainsi aujourd’hui non pas comme une simple cathédrale normande, mais comme un monument complexe où se superposent différentes phases de construction.
  7. Colonnes préservées : Lors de la grande transformation de la Cathédrale de Palerme entre 1781 et 1801, les colonnes en granit d’origine de la nef médiévale furent d’abord retirées. Selon des témoignages contemporains, des protestations publiques empêchèrent leur disparition, et elles furent finalement intégrées aux nouveaux piliers. Ces éléments réemployés sont encore visibles aujourd’hui.
  8. Église de couronnement : Pendant des siècles, la Cathédrale de Palerme fut l’église traditionnelle de couronnement des souverains de Sicile. Dès 1130, Roger II y fut couronné premier roi de Sicile, encore dans la cathédrale précédente. Par la suite, des souverains tels que Frédéric II, Frédéric III ou Charles de Bourbon y furent également couronnés. Une cérémonie de couronnement médiévale suivait généralement un rituel codifié, comprenant la reconnaissance du souverain, une onction solennelle et la remise d’insignes comme la couronne, le sceptre et le globe. Si certains éléments de ce cérémonial sont attestés pour Palerme, son déroulement exact ne peut aujourd’hui plus être entièrement reconstitué.
  9. Seconde Guerre mondiale : Palerme fut fortement bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale, en particulier en 1943, et subit de lourdes destructions. La Cathédrale de Palerme fut elle aussi touchée et endommagée en plusieurs points. Elle fut néanmoins préservée et restaurée après la guerre.
  10. La lave comme décor : La Cathédrale de Palerme utilise une technique décorative particulière appelée « tarsia lavica », qui consiste à incruster de la pierre de lave sombre dans des blocs de tuf clair afin de créer des motifs géométriques et floraux. Le contraste marqué entre clair et sombre produit un effet visuel saisissant, donnant à la façade une apparence presque artistique. Sur le plan stylistique, cette technique s’inscrit dans des traditions influencées par l’art islamique et constitue une caractéristique typique de l’architecture arabo-normande de Sicile.
  11. Chapelle funéraire d’Henri VI et de Constance de Hauteville : Dans cette chapelle funéraire royale de la Cathédrale de Palerme reposent Henri VI et Constance de Hauteville, deux figures centrales de la transition entre la domination normande et la dynastie des Hohenstaufen en Sicile. Constance, fille de Roger II, fut reine de Sicile à la fin du XIIe siècle et assura, en tant que dernière représentante de la dynastie normande, la succession au trône de son fils. Henri VI, empereur du Saint-Empire romain germanique, fit passer le royaume de Sicile sous domination des Hohenstaufen grâce à son mariage avec elle. Les sarcophages sont en porphyre rouge, une pierre rare et particulièrement précieuse, déjà considérée dans l’Antiquité comme un symbole de pouvoir impérial et royal. Des baldaquins richement décorés soulignent en outre l’importance architecturale de ces tombeaux.
  12. Chapelle funéraire de Roger II et de Frédéric II : Dans cette chapelle reposent Roger II et Frédéric II, deux des souverains les plus importants de Sicile. Roger II fonda au XIIe siècle le royaume de Sicile et fit de Palerme l’un des principaux centres de pouvoir du bassin méditerranéen. Son petit-fils Frédéric II fut empereur du Saint-Empire romain germanique au XIIIe siècle et compte parmi les souverains les plus influents du Moyen Âge. Ici aussi, les sarcophages sont en porphyre rouge, soulignant le rang élevé des défunts. Le tombeau de Frédéric II est particulièrement remarquable, son sarcophage étant soutenu par quatre figures de lions et richement décoré. Des analyses ont montré que son sarcophage contenait au total trois corps, dont celui de l’empereur, tandis que l’identité des autres défunts n’est pas clairement établie à ce jour.In dieser Grabkapelle ruhen mit Roger II. und Friedrich II. zwei der bedeutendsten Herrscher Siziliens. Roger II. gründete im 12. Jahrhundert das Königreich Sizilien und machte Palermo zu einem der wichtigsten Machtzentren des Mittelmeerraums. Sein Enkel Friedrich II. war im 13. Jahrhundert Kaiser des Heiligen Römischen Reiches und zählt zu den einflussreichsten Herrschern des Mittelalters. Auch hier bestehen die Sarkophage aus rotem Porphyr und unterstreichen damit den hohen Rang der Bestatteten. Besonders hervorzuheben ist das Grab Friedrichs II., dessen Sarkophag von vier Löwenfiguren getragen wird und reich verziert ist. Untersuchungen ergaben, dass sich in seinem Sarkophag insgesamt drei Körper befanden, darunter der des Kaisers, während die Identität der weiteren Bestatteten bis heute nicht eindeutig geklärt ist.
  13. Chapelle de sainte Rosalie : La chapelle de sainte Rosalie se situe dans le bas-côté droit de la Cathédrale de Palerme et constitue le principal lieu de vénération de la sainte patronne de la ville. Selon la tradition ecclésiastique, Rosalie vécut au XIIe siècle, environ entre 1130 et 1170, renonça à sa vie noble à la cour et mena une existence retirée en tant qu’ermite, consacrée à la prière et à l’ascèse. Ce renoncement volontaire à la richesse, au mariage et à la vie mondaine était considéré au Moyen Âge comme un signe de sainteté particulière. Son importance exceptionnelle pour Palerme est surtout liée à l’année 1624, lorsque des ossements découverts sur le Monte Pellegrino lui furent attribués. Le conseil municipal décida alors de la proclamer patronne de la ville, de lui consacrer une chapelle et de faire réaliser une précieuse châsse en argent pour ses reliques. Il est remarquable qu’une commission officielle ainsi que des experts médicaux examinèrent d’abord ces découvertes avec esprit critique et exprimèrent des doutes, les ossements pouvant appartenir à plusieurs personnes.
  14. Trésor : Le trésor se situe à droite de la chapelle de sainte Rosalie. Il présente des œuvres d’art liturgiques telles que des calices et de somptueux vêtements, ainsi que d’importantes reliques et des objets provenant des tombes royales. Parmi les pièces les plus remarquables figure la couronne richement ornée de Constance d’Aragon, datant du début du XIIIe siècle, réalisée en or, en argent, en émail, en perles et en pierres précieuses, et portant une inscription arabe.
  15. Crypte : La crypte se trouve sous la nef principale et sert de lieu de sépulture historique pour les archevêques de la ville. Son origine exacte n’est pas clairement établie. Selon une interprétation, elle remonterait à la cathédrale précédente et aurait été intégrée par la suite dans l’édifice normand, tandis que d’autres la considèrent comme faisant partie de cette reconstruction. L’espace est caractérisé par des colonnes en granit et des voûtes d’arêtes. Les nombreux sarcophages sont particulièrement remarquables, parmi lesquels des tombeaux antiques ainsi que celui du commanditaire Gualtiero Offamilio.
  16. Ligne méridienne : La ligne méridienne de la Cathédrale de Palerme fut tracée en 1801 par l’astronome Giuseppe Piazzi dans le sol en marbre et sert d’instrument précis pour déterminer le midi solaire vrai. Un rayon de lumière pénètre par une petite ouverture dans la coupole et se déplace au fil de la journée le long de la ligne. Au moment où le point lumineux atteint la ligne, le soleil est à son point le plus haut et il est midi vrai. Comme la hauteur du soleil varie au cours de l’année, le point lumineux atteint la ligne à des positions différentes selon la date. Ces points sont marqués et indiquent les saisons, les solstices et les équinoxes.
  17. Système de mesure historique : Dans la Cathédrale de Palerme, il est possible de lire directement un ancien système de mesure sicilien. Sur le pilier droit de la chapelle de saint François de Paule, dans le bas-côté droit, est fixée une règle métallique représentant le « palmo » historique. Cette unité correspondait à peu près à l’envergure d’une main ouverte et était autrefois utilisée dans le royaume de Sicile pour la construction et le commerce.
  18. Portique sud : Le portique sud de la Cathédrale de Palerme fut construit en 1453 et compte parmi les éléments architecturaux les plus remarquables du côté donnant sur la grande artère du Corso Vittorio Emanuele. On y distingue trois arcs brisés de style gothique catalan, le portail richement décoré de 1426 ainsi qu’une inscription arabe comportant un verset du Coran sur la première colonne à gauche du portique, vestige de l’époque de l’ancienne grande mosquée. Des reliefs évoquent également d’importantes cérémonies de couronnement.
  19. Clocher : Le clocher indépendant de la Cathédrale de Palerme date, dans sa forme actuelle, de 1845 et fut construit selon les plans d’Emanuele Palazzotto. Il repose sur des fondations plus anciennes remontant à l’époque romaine et est relié à la cathédrale par d’imposants ponts en arc. Une tour antérieure fut détruite lors du tremblement de terre de 1726.
  20. Toits accessibles : Les toits de la Cathédrale de Palerme sont accessibles et comptent parmi les parties les plus impressionnantes de l’édifice. Depuis ces hauteurs, la vue s’étend largement sur la ville, le golfe de Palerme et la montagne voisine du Monte Pellegrino. Ils permettent également d’observer de près les différentes phases de construction de la cathédrale. Cela s’explique par les transformations et extensions successives réalisées au fil des siècles, sans que les structures plus anciennes soient entièrement supprimées. Ainsi, différents matériaux, formes et ornements issus de plusieurs époques se côtoient directement sur les toits.
  21. Patrimoine mondial de l’UNESCO : La Cathédrale de Palerme fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO intitulé « Palerme arabo-normande et les cathédrales de Cefalù et de Monreale ». Cet ensemble regroupe au total neuf monuments, dont plusieurs églises, palais et un pont à Palerme, ainsi que les cathédrales de Cefalù et de Monreale situées dans deux autres villes de Sicile. Ce classement a été attribué en raison de la manière particulièrement remarquable dont cet ensemble illustre la rencontre unique des influences occidentales, islamiques et byzantines dans la Sicile normande du XIIe siècle.