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Cathédrale
Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg
Nom :Cathédrale Notre-Dame
Période de construction :1180 – 1439
Commanditaire :évêque Heinrich von Hasenburg
Architectes :entre autres Erwin von Steinbach, Ulrich von Ensinger
Style architectural :roman et gothique
Longueur x largeur :112 mètres x 51,5 mètres
Structure la plus haute :tour nord de 142 mètres
Patrimoine mondial de l’UNESCO:depuis 1988 (le centre historique)

25 faits fascinants sur la Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg

 

  1. Localisation : La Cathédrale Notre-Dame se situe au cœur du centre historique de Strasbourg, sur l’île de la Grande Île entourée par l’Ill. Sa position centrale sur la place de la cathédrale, au milieu de ruelles étroites et de maisons à colombages, en fait le point focal emblématique de la vieille ville.
  2. Importance : Avec sa flèche culminant à 142 mètres, la Cathédrale Notre-Dame fut le plus haut édifice du monde jusqu’en 1874, avant d’être dépassée par l’église Saint-Nicolas à Hambourg. Aujourd’hui, elle est la deuxième cathédrale la plus haute de France après la cathédrale de Rouen et demeure l’un des symboles majeurs de Strasbourg. À l’échelle internationale, elle est considérée comme l’un des exemples les plus célèbres de l’architecture gothique et figure parmi les églises les plus visitées du pays.
  3. Structures antérieures : Bien avant l’édification de la Cathédrale Notre-Dame actuelle, ce site faisait partie d’un secteur important de la ville romaine d’Argentoratum. Des découvertes archéologiques autour de la place de la cathédrale attestent de la présence d’anciens bâtiments du camp militaire romain. Sous la chapelle Saint-Laurent, un bassin datant du 4e ou du 5e siècle a également été mis au jour, probablement utilisé comme baptistère, ce qui témoigne d’une utilisation chrétienne très ancienne du lieu.
  4. Première cathédrale : La première cathédrale construite à cet emplacement n’est connue que par des sources écrites et devait être un édifice précoce, en partie en bois, dont la structure exacte ne peut plus être reconstituée avec certitude aujourd’hui. Il est toutefois établi qu’au début du Moyen Âge, ce lieu abritait déjà l’église épiscopale principale de Strasbourg, reconstruite à plusieurs reprises au fil des générations. En 1002, elle fut pillée lors de conflits politiques par Hermann de Souabe, l’évêque soutenant alors son rival Henri II dans la lutte pour le trône. Cinq ans plus tard, un violent orage déclencha un incendie qui détruisit entièrement l’édifice.
  5. Deuxième cathédrale : À partir de 1015, l’évêque Werner de Habsbourg fit édifier une nouvelle cathédrale à cet endroit, principalement financée par des dons. L’édifice, largement achevé entre 1045 et 1050, comptait parmi les églises les plus importantes du 11e siècle et occupait déjà une surface presque identique à celle de la Cathédrale Notre-Dame actuelle. Ses fondations massives en grès et en calcaire furent stabilisées dans le sol meuble par des pieux en bois, qui furent ensuite réutilisés lors de la construction ultérieure. Après plusieurs incendies au 12e siècle, notamment celui dévastateur de 1176, il fut décidé vers 1180 de recommencer entièrement le chantier, donnant naissance à la cathédrale actuelle. De la phase romane subsistent aujourd’hui principalement la crypte ainsi que le tracé d’origine du bâtiment.
  6. Histoire de la construction : La construction de la Cathédrale Notre-Dame actuelle commence à la fin du 12e siècle et s’étend sur plus de 250 ans. La partie orientale est d’abord édifiée dans un style encore massif, typique de l’époque, avant que la nef et la façade occidentale ne soient réalisées à partir du 13e siècle dans un style gothique nettement plus élancé. L’achèvement de la flèche finement ajourée en 1439 marque la fin de la grande phase de construction médiévale.
  7. Réforme et iconoclasme : Au 16e siècle, la Cathédrale Notre-Dame est temporairement utilisée pour le culte protestant dans le contexte de la Réforme, ce qui entraîne la suppression ou la destruction de nombreux autels, sculptures et éléments du mobilier. Ces transformations se font progressivement et concernent surtout l’intérieur, tandis que de larges parties de la structure médiévale sont préservées. Après le retour au catholicisme en 1681, la cathédrale est réaménagée dans le style baroque, ce qui entraîne de nouvelles transformations profondes.
  8. Révolution française : Pendant la Révolution française, la Cathédrale Notre-Dame est confisquée, pillée et temporairement privée de sa fonction religieuse. De nombreux éléments du mobilier disparaissent, plusieurs sculptures sont endommagées ou détruites, et en 1793, la cathédrale est transformée en « temple de la Raison ». Elle cesse alors d’être un lieu de culte pour devenir un espace de célébrations révolutionnaires et un symbole de l’idéologie anticléricale. Lorsque des révolutionnaires radicaux envisagent en 1794 de démonter la flèche, jugée contraire à l’idéal d’égalité, les habitants de Strasbourg trouvent une solution aussi ingénieuse qu’efficace. Ils coiffent la flèche d’un bonnet phrygien en tôle peinte en rouge, haut de plus de 10 mètres, transformant ainsi la tour en symbole visible de la liberté. Ce bonnet, une coiffe souple inclinée vers l’avant d’origine antique, devient un emblème révolutionnaire et sauve la flèche de la destruction. Ce n’est qu’en 1801 que la cathédrale retrouve définitivement sa fonction de lieu de culte catholique.
  9. Tempête de feu : Lors du siège de Strasbourg pendant la guerre franco-allemande, la ville est fortement bombardée à partir d’août 1870, et plusieurs obus touchent également la Cathédrale Notre-Dame. Les toitures, les parties supérieures de la tour ainsi que des sections du chœur subissent de lourds dommages, de nombreux vitraux sont détruits et de vastes zones de la couverture de la nef disparaissent. La tour occidentale reste debout, mais la cathédrale porte désormais les marques visibles de la destruction et devient un symbole frappant des ravages de la guerre. Dès 1871, une vaste campagne de reconstruction est lancée, permettant non seulement de réparer les dégâts, mais aussi de redéfinir en partie la silhouette actuelle de l’édifice.
  10. Seconde Guerre mondiale : Dès les années précédant la Seconde Guerre mondiale, d’importantes mesures de protection sont mises en place à la Cathédrale Notre-Dame. À partir de 1939, les vitraux les plus précieux sont démontés et mis à l’abri afin de les protéger d’éventuels dommages liés au conflit. Après l’entrée des troupes allemandes en 1940, la cathédrale est instrumentalisée à des fins politiques, temporairement fermée au culte et ornée de symboles nazis. En 1944, elle subit des dégâts lors de bombardements aériens, mais échappe à une destruction totale. Le 23 novembre 1944, la ville est libérée et le drapeau français est hissé au sommet de la flèche.
  11. Architecture : La Cathédrale Notre-Dame associe des éléments romans et gothiques et reflète à la fois des influences allemandes et françaises. Son asymétrie frappante s’explique par la tour sud jamais achevée, ce qui lui confère une silhouette unique et immédiatement reconnaissable. Les fondations remontent au 11e siècle et reposent sur des pieux en bois enfoncés dans le sol meuble du Rhin afin de stabiliser l’édifice.
  12. Façade occidentale : La façade occidentale de la Cathédrale Notre-Dame compte parmi les parties les plus impressionnantes de l’édifice et apparaît, avec son délicat réseau de pierre, ses nombreuses figures et sa grande rosace, comme une véritable œuvre d’art en grès. Plutôt qu’un mur massif et fermé, elle déploie une structure complexe faite d’arcs, de pignons, d’ornements et de sculptures qui révèlent sans cesse de nouveaux détails. Au-dessus des portails, la grande rosace gothique attire particulièrement le regard avec ses 13,60 mètres de diamètre, ce qui en fait l’une des plus grandes d’Europe et un élément déterminant de la façade. Aujourd’hui, la façade se présente dans la teinte chaude du grès, mais au Moyen Âge, elle était nettement plus colorée, comme en témoignent les traces de polychromie visibles sur les figures, les décorations et même la maçonnerie.
  13. Ecclesia et Synagoga : Au grand portail sud de la Cathédrale Notre-Dame se trouvent deux célèbres sculptures datant d’environ 1225, qui représentent symboliquement l’Église chrétienne et le judaïsme. Si vous vous tenez à l’extérieur devant ce portail, vous les apercevez directement à côté des deux portes d’entrée, Ecclesia à gauche et Synagoga à droite. Ecclesia est représentée droite, couronnée et assurée, tandis que Synagoga apparaît la tête inclinée, les yeux bandés et tenant une bannière brisée. Cette opposition visuelle devait, selon la vision médiévale, illustrer la primauté du christianisme. Les originaux sont aujourd’hui conservés au Musée de l’Œuvre Notre-Dame, tandis que des copies sont visibles sur le portail.
  14. Horloge astronomique : L’horloge astronomique se situe dans le transept sud de la Cathédrale Notre-Dame et s’élève comme une œuvre monumentale à plusieurs niveaux, composée de bois, de pierre et de figures peintes. Haute d’environ 18 mètres, elle évoque une tour richement décorée et compte parmi les éléments les plus impressionnants de la cathédrale. Le mécanisme actuel date de 1842, tandis que le décor extérieur remarquable remonte à la Renaissance du 16e siècle. L’horloge ne se contente pas d’indiquer l’heure, elle représente également les mouvements du Soleil, de la Lune et des planètes. Chaque jour à 12:30, un spectacle mécanique élaboré se met en marche, au cours duquel les apôtres défilent devant le Christ et un coq mécanique chante trois fois. Ce détail renvoie à l’épisode biblique du reniement de Pierre. Après l’arrestation de Jésus, il est reconnu par plusieurs personnes qui lui demandent s’il lui est lié. Par peur des conséquences, il le nie à trois reprises, puis un coq chante, lui rappelant la prédiction de Jésus selon laquelle il le renierait trois fois au cours de la même nuit.
  15. Pilier des Anges : Le Pilier des Anges est un pilier en pierre richement orné, haut d’environ 19 mètres, situé dans le transept sud de la Cathédrale Notre-Dame. Il ne se contente pas de soutenir la voûte, mais se présente aussi comme une véritable œuvre d’art. Des figures y sont disposées en plusieurs niveaux, de bas en haut, avec les évangélistes à la base, des anges portant des trompettes au-dessus et le Christ au sommet. L’ensemble illustre une idée centrale du christianisme, selon laquelle le Christ jugera l’humanité à la fin des temps. Il décidera alors, en fonction de la vie et des actions de chacun, qui sera sauvé. Ce pilier compte parmi les œuvres les plus impressionnantes et les plus importantes de la cathédrale.
  16. Orgue en nid d’hirondelle : L’orgue en nid d’hirondelle est la grande orgue à tuyaux de la Cathédrale Notre-Dame, suspendue en hauteur sur le mur nord de la nef. L’organiste accède à la console par une étroite tribune, depuis laquelle il joue cet instrument impressionnant. Son buffet richement décoré, peint et doré compte parmi les plus anciens de ce type en Europe. Juste sous le buffet se trouvent plusieurs figures mobiles, dont Samson arrachant la gueule du lion, un trompettiste levant son instrument et le célèbre singe des tuyaux, qui bouge la bouche et imitait autrefois des sons.
  17. Chaire : La chaire de la Cathédrale Notre-Dame se situe sur le côté nord de la nef et a été réalisée en 1485 par Hans Hammer pour le célèbre prédicateur Geiler de Kaysersberg. Elle est considérée comme un chef-d’œuvre du gothique tardif et apparaît, avec son délicat réseau de pierre, ses nombreux baldaquins, ses figures et le crucifix central, comme une véritable œuvre architecturale indépendante au sein de l’église. Dans ses moindres détails, elle impressionne par la richesse de sa conception, qui comprend, en plus de fins ornements en pierre, de nombreuses petites figures animales. La petite sculpture d’un chien endormi à la base est particulièrement connue, car selon la légende, elle représenterait le fidèle compagnon du prédicateur et son contact porterait chance.
  18. Vitraux médiévaux : Parmi les trésors les plus précieux de la Cathédrale Notre-Dame figurent des vitraux datant du 12e au 14e siècle, dont certains proviennent encore de l’ancienne église romane. Lors de la reconstruction gothique, ces vitraux plus anciens ont été volontairement conservés et intégrés dans les nouvelles fenêtres, ce qui permet encore aujourd’hui de distinguer différentes phases de construction à l’intérieur de la cathédrale. Les vitraux les plus anciens conservés se trouvent principalement dans le bas-côté nord de la nef.
  19. Fenêtre aux cent visages : Dans la chapelle Sainte-Catherine, située à l’extrémité sud-ouest de la cathédrale, se trouve un vitrail moderne datant de 2015, créé à l’occasion du 1000e anniversaire de la cathédrale et conçu pour apporter une touche contemporaine. De loin, il présente une représentation colorée du Christ, mais en s’approchant, on découvre que cette œuvre d’environ 9 mètres de hauteur est composée d’environ 150 petits portraits photographiques de personnes anonymes.
  20. Plateforme d’observation : La plateforme d’observation actuelle de la Cathédrale Notre-Dame se situe à 66 mètres de hauteur dans la partie occidentale et est accessible par 330 marches. Depuis cet emplacement, la vue s’étend sur Strasbourg et, par temps clair, jusqu’aux Vosges et à la Forêt-Noire. Autrefois, l’ascension menait probablement encore plus haut dans les parties supérieures de la tour nord, mais ces zones ne sont aujourd’hui plus accessibles au public pour des raisons de sécurité et de conservation. Sur cette même plateforme, du côté sud, se trouve la Maison des gardiens, une petite construction située à l’emplacement de la seconde flèche jamais réalisée. Elle servait autrefois de lieu de séjour et de point d’observation, notamment pour détecter rapidement les incendies, et présente aujourd’hui d’anciens dispositifs de levage, un mécanisme d’horloge historique ainsi que des informations sur l’histoire de la plateforme.
  21. Son et lumière : Chaque été, à la tombée de la nuit, la façade occidentale de la Cathédrale Notre-Dame est mise en scène de façon spectaculaire. Une mise en lumière artistique fait ressortir avec précision les figures, les colonnes, les arcs et les moindres détails de l’architecture gothique, souvent accompagnée de musique et de projections selon les années.
  22. Sapin de Noël : L’une des premières mentions connues d’un sapin de Noël est associée à l’année 1539 à Strasbourg et souvent liée à l’environnement de la cathédrale, même si l’emplacement exact n’est pas clairement attesté. La plus ancienne preuve écrite confirmée remonte toutefois à 1521 à Sélestat, une ville alsacienne située entre Strasbourg et Colmar, à environ 50 kilomètres au sud de Strasbourg. Des sources du 17e siècle montrent que les sapins décorés de pommes, d’hosties et d’ornements en papier étaient déjà solidement ancrés dans la région et que cette tradition s’est progressivement diffusée à partir de là.
  23. Marché de Noël : Le marché de Noël de Strasbourg est mentionné pour la première fois en 1570, ce qui en fait le plus ancien marché de Noël de France et l’un des plus anciens d’Europe. Pendant la période de l’Avent, le centre historique se transforme en « capitale de Noël » avec plus de 300 stands. Avec plus de deux millions de visiteurs par saison, il compte aujourd’hui parmi les marchés de Noël les plus grands et les plus célèbres d’Europe.
  24. Musée de l’Œuvre Notre-Dame : Le Musée de l’Œuvre Notre-Dame à Strasbourg se situe directement à côté de la Cathédrale Notre-Dame et constitue le siège historique de la fondation Œuvre Notre-Dame, responsable depuis le Moyen Âge de l’entretien et de la restauration de la cathédrale. On y découvre des sculptures originales de la façade, des plans de construction et des outils historiques qui offrent un aperçu précieux de l’histoire du chantier et du savoir-faire exceptionnel qui a façonné la cathédrale.
  25. Patrimoine mondial de l’UNESCO : La Cathédrale Notre-Dame fait partie du site du patrimoine mondial de l’UNESCO « Grande-Île et Neustadt », inscrit depuis 1988. Outre la cathédrale, ce site comprend notamment le Palais Rohan, un palais baroque du 18e siècle, la Maison Kammerzell, l’une des plus célèbres maisons à colombages de la ville, ainsi que le quartier pittoresque de la Petite France avec ses canaux et ses maisons traditionnelles.