Europe
Italie
Rome
Amphithéâtre
Colosseo
Nom :Colisée
Période de construction :env. 72 – 80 apr. J.-C.
Commanditaire :Empereur Vespasien
Capacité :env. 50 000 – 80 000 spectateurs
Hauteur actuelle :48,5 mètres
Circonférence :527 mètres
Nombre de visiteurs :env. 7 millions de visiteurs / an
Patrimoine mondial de l’UNESCO :depuis 1980
Le Colisée à Rome, en Italie, se dresse comme un monument grandiose sous le ciel.

30 faits passionnants sur le Colisée

 

  1. Emplacement : Le Colisée se situe au cœur de Rome, à la limite de l’ancien centre-ville. À ses côtés s’élèvent l’Arc de Constantin et le Forum Romain, deux témoins majeurs et spectaculaires de l’histoire romaine.
  2. Importance : Le Colisée est le plus grand amphithéâtre jamais édifié dans le monde et pouvait accueillir jusqu’à 80 000 spectateurs. Il figure parmi les monuments les plus célèbres de la planète et incarne à la fois l’emblème de Rome et de toute l’Italie.
  3. Les Sept Merveilles : En 2007, le Colisée a été désigné comme l’une des Nouvelles Sept Merveilles du Monde lors d’un vote mondial organisé par la fondation New7Wonders. L’initiative revenait au cinéaste suisse Bernard Weber, et des millions de personnes participèrent en votant par Internet, téléphone ou SMS. Les résultats furent solennellement proclamés le 07.07.2007 à Lisbonne.
  4. Structure antérieure : À l’emplacement du Colisée se trouvait autrefois un lac artificiel, créé par l’empereur Néron dans le cadre de son fastueux palais, la Domus Aurea. Après l’incendie de 64 apr. J.-C., il transforma cette zone en un domaine privé de plaisance, avec jardins, pavillons et une immense statue colossale. Ce n’est qu’avec l’empereur Vespasien que le lac fut comblé, afin d’ériger à cet endroit un amphithéâtre destiné au peuple.
  5. Construction : La construction du Colisée fut probablement lancée par Vespasien au début de son règne, vers 70 apr. J.-C., dans le but de se distinguer du très impopulaire Néron. Les architectes s’inspirèrent d’amphithéâtres plus anciens, notamment ceux de Capoue et de Vérone. L’édifice fut achevé en 80 apr. J.-C. par son fils Titus, qui avait succédé à Vespasien après sa mort. Sous Domitien, le plus jeune fils de Vespasien et frère de Titus, le Colisée fut encore agrandi pour accueillir des spectacles plus variés, avec notamment une tribune supplémentaire en bois dans la partie supérieure, réservée aux femmes et aux plus démunis.
  6. Matériaux de construction : Pour bâtir le Colisée, les Romains utilisèrent d’immenses quantités de travertin, de tuf, de briques et de béton. Le travertin provenait des carrières de Tivoli, à une vingtaine de kilomètres de Rome, et était acheminé par des charrettes à bœufs sur des routes spécialement aménagées. Il servait à la façade et aux piliers principaux, tandis que le béton, enrichi de cendre volcanique, fut employé à l’intérieur pour les voûtes, escaliers, couloirs et structures de soutien. Ce mélange conférait au matériau une résistance exceptionnelle aux fissures et joua un rôle clé dans la solidité de l’édifice.
  7. Les ouvriers : La construction du Colisée reposa sur l’exploitation massive de prisonniers juifs faits lors de la guerre de Judée (66–73 apr. J.-C.), ainsi que d’esclaves venus de nombreuses provinces de l’Empire. Ils accomplissaient les tâches les plus rudes et rendirent possible l’achèvement rapide de ce monument colossal. La conception et la direction relevaient d’architectes et d’ingénieurs romains, soutenus par l’armée pour l’organisation logistique.
  8. Financement : Le Colisée ne fut pas financé par des impôts, mais grâce au butin de la guerre de Judée. L’historien romain Suétone rapporte que des trésors du temple de Jérusalem furent transportés à Rome. L’Arc de Titus en garde un témoignage saisissant, représentant les soldats portant le chandelier à sept branches, des trompettes d’argent et d’autres objets sacrés.
  9. Inauguration : En 80 apr. J.-C., l’empereur Titus inaugura le Colisée par une célébration grandiose que les sources antiques décrivent comme ayant duré cent jours. Les spectateurs purent assister à des combats de gladiateurs, à des chasses d’animaux sauvages et à des spectacles somptueux. On ignore si les jeux se déroulèrent réellement chaque jour, mais il est certain que cette ouverture marqua l’histoire comme l’un des plus grands événements de Rome.
  10. Combats de gladiateurs : Les combats de gladiateurs au Colisée étaient considérés comme le spectacle le plus spectaculaire de la Rome antique. Esclaves, prisonniers de guerre et volontaires s’affrontaient dans des duels soigneusement chorégraphiés, armés de glaives, de filets ou de tridents. Ces affrontements, souvent périlleux, n’étaient pas toujours mortels. Le sort d’un gladiateur vaincu dépendait de l’organisateur des jeux, généralement l’empereur ou un haut magistrat, qui se laissait influencer par les clameurs et les gestes du public. Certains combattants devinrent célèbres et parvinrent même, avec le temps, à obtenir leur liberté.
  11. Origine des combats de gladiateurs : Les combats de gladiateurs ne sont pas nés à Rome, mais chez les Étrusques en Italie centrale et chez les Campaniens dans le sud. On y faisait s’affronter des prisonniers sur la tombe de personnages importants, afin d’offrir leur sang en sacrifice et d’honorer le défunt. Ce n’est qu’au IIIᵉ siècle av. J.-C. que Rome adopta cette coutume et la transforma en un spectacle public de masse.
  12. Chasses aux animaux : Les chasses aux bêtes sauvages étaient un élément incontournable du programme du Colisée et se déroulaient le plus souvent le matin, avant les combats de gladiateurs. Dans l’arène, des combattants spécialement entraînés affrontaient des animaux exotiques venus de toutes les régions de l’Empire : lions, ours, éléphants ou rhinocéros. Parfois, on organisait aussi des affrontements entre animaux, comme des lions contre des ours ou des rhinocéros contre des taureaux.
  13. Batailles navales : La première bataille navale du Colisée eut lieu lors de son inauguration en 80 apr. J.-C., sous l’empereur Titus. L’arène pouvait alors être inondée et de petits navires y rejouaient des affrontements historiques. Mais le sol en argile et en maçonnerie ne resta pas étanche et l’eau s’infiltra rapidement. Sous Domitien, la construction du souterrain transforma définitivement l’espace, rendant ce type de spectacle impossible. Les batailles navales furent dès lors organisées sur des lacs artificiels à l’extérieur de la ville. L’ampleur de ces représentations et leur fréquence au Colisée demeurent aujourd’hui encore débattues.
  14. Exécutions publiques : Les exécutions publiques constituaient une partie régulière du programme et avaient généralement lieu le matin, avant les chasses. Les condamnés étaient mis à mort de façon particulièrement cruelle, par crucifixion, par le feu ou en étant livrés aux bêtes sauvages. Ces supplices étaient souvent présentés comme de véritables spectacles, avec décors et effets accentuant encore la violence.
  15. Les spectateurs : L’accès au Colisée était gratuit pour tous les citoyens libres et financé par les empereurs ou de riches magistrats qui voulaient montrer leur générosité. L’ordre des places suivait une hiérarchie stricte : l’empereur siégeait dans sa loge d’honneur, tandis que les femmes et les plus pauvres se retrouvaient sur les gradins supérieurs. Beaucoup apportaient leur propre nourriture, et des fouilles ont révélé des restes de pain, d’olives, de figues et de vin. Les déchets étaient souvent jetés à même le sol, ce qui provoquait de fortes odeurs lors des spectacles prolongés.
  16. Dimensions : Le Colisée présente un plan elliptique de 188 mètres de long sur 156 mètres de large. Avec un périmètre de 527 mètres et une hauteur initiale de 52 mètres, il comptait parmi les édifices les plus imposants de l’Antiquité. L’arène intérieure mesurait 86 sur 54 mètres, recouverte d’un plancher en bois et d’une épaisse couche de sable qui absorbait le sang et facilitait le nettoyage. C’est de ce mot latin harena que dérive aujourd’hui le terme « arène ».
  17. La fin des jeux : Les spectacles du Colisée déclinèrent progressivement, car leur financement devenait de plus en plus difficile et les structures politiques de l’Empire se désagrégeaient. Les combats de gladiateurs furent interdits en 404 apr. J.-C. par l’empereur Honorius, le christianisme les considérant comme cruels et immoraux. Les chasses aux animaux se poursuivirent un peu plus longtemps, la dernière connue ayant eu lieu en 523 apr. J.-C. sous Théodoric le Grand. Cela mit un terme à une tradition qui avait rythmé la vie publique romaine pendant plus de quatre siècles.
  18. Hypogée : L’hypogée formait un réseau souterrain de couloirs, de cages et de monte-charges, aménagé sous le Colisée par Domitien à la fin du Ier siècle apr. J.-C. C’est là que l’on préparait gladiateurs, animaux et décors, avant de les faire apparaître dans l’arène par des trappes et des mécanismes spectaculaires. Avec ses espaces étroits, ses cages et sa technologie ingénieuse, l’hypogée transformait chaque représentation en un véritable spectacle, toujours capable de surprendre la foule.
  19. Rituels religieux : Les jeux n’étaient pas seulement un divertissement, ils avaient aussi une dimension religieuse. Avant leur ouverture, gladiateurs, musiciens, prêtres et statues de dieux entraient dans l’arène en procession solennelle, accompagnés de sacrifices dédiés à Jupiter, Mars ou Némésis. Même la mort d’un gladiateur pouvait être considérée comme une offrande rituelle, destinée à honorer les dieux et à placer le peuple sous leur protection. Avec la christianisation de Rome, cette dimension religieuse perdit progressivement toute signification.
  20. Organisation exemplaire : Au Colisée, les Romains utilisaient de petites tessères en argile comme billets d’entrée, portant l’indication de la porte et du siège. L’amphithéâtre comptait environ 80 accès, dont quatre particulièrement monumentaux réservés à l’empereur et à ses hôtes de marque. Grâce à un système ingénieux de couloirs, les vomitoria, des dizaines de milliers de spectateurs pouvaient rejoindre ou quitter leurs places en quelques minutes – un principe encore utilisé dans les stades modernes.
  21. Statues : Dans les arcades du Colisée se dressaient autrefois de nombreuses statues représentant sans doute des dieux, des héros mythologiques, des symboles de l’Empire et des empereurs. Chacun des trois niveaux comptait 80 arches, offrant ainsi de la place pour près de 240 figures. Hautes de trois à cinq mètres, elles étaient sculptées dans le marbre ou fondues en bronze. Au fil des siècles, elles furent fondues ou réemployées comme matériaux de construction.
  22. Velarium : Au-dessus des gradins supérieurs, un immense auvent, appelé velarium, pouvait être déployé. Il couvrait environ deux tiers des places et se composait de vastes toiles de lin fixées à près de 240 mâts. Grâce à un ingénieux système de cordages et de treuils, il était manœuvré par des marins expérimentés de la flotte romaine.
  23. Déclin : Aux Ve et VIe siècles, puis lors du grand séisme de 1349, le Colisée subit de graves dommages et d’importantes sections de sa façade s’effondrèrent. De l’ancien édifice somptueux ne subsista qu’une imposante ruine. Du Moyen Âge tardif jusqu’au XVIIe siècle, il servit de carrière, fournissant marbre, travertin et métal pour la construction de palais, d’églises et de fontaines de Rome.
  24. Lieu d’habitation : À partir du IXe siècle, des habitants s’installèrent dans le Colisée, utilisant certaines parties de l’édifice comme logements, ateliers ou même comme écuries. De petites maisons furent construites entre les arches et des églises y furent aménagées. Après les violents séismes du XIVe siècle, de larges portions s’effondrèrent, et au plus tard au XVIe siècle, le Colisée cessa définitivement d’être un lieu de vie.
  25. Lieu sacré : En 1744, le pape Benoît XIV proclama le Colisée lieu saint, car on croyait alors qu’il avait été le théâtre de nombreux martyres chrétiens. Un martyr est une personne qui conserve sa foi malgré la persécution et la mort. Comme on pensait depuis des siècles que de nombreux chrétiens y avaient trouvé la mort, le pape fit ériger une croix dans l’arène, institua un chemin de croix et interdit définitivement le prélèvement de pierres. Ce geste permit de préserver le monument d’une dégradation plus avancée.
  26. Plantes exotiques : Au XVIIe siècle, des botanistes constatèrent que plus de 300 espèces végétales poussaient dans le Colisée, dont beaucoup n’existaient pas ailleurs à Rome. On explique ce phénomène par l’introduction de graines exotiques apportées par les animaux venus d’Afrique et d’Asie pour les spectacles. L’arène s’était ainsi transformée, sans le vouloir, en un véritable jardin botanique, même si la plupart de ces plantes ont aujourd’hui disparu à cause des travaux d’entretien.
  27. Peine de mort : Depuis 1999, le Colisée est devenu un symbole universel de la lutte contre la peine capitale. Chaque fois qu’un pays l’abolit ou suspend une exécution, l’amphithéâtre s’illumine de couleurs pendant 48 heures.
  28. Gigantesque statue de Néron : À proximité du Colisée se dressait autrefois une statue de bronze de plus de 30 mètres de haut, érigée par Néron à son effigie. Après sa mort, elle fut transformée en représentation du dieu Soleil et déplacée par l’empereur Hadrien, à l’aide de 24 éléphants, vers l’esplanade voisine de l’amphithéâtre. Au Moyen Âge, la statue disparut sans laisser de trace, probablement fondue.
  29. Origine du nom : À l’origine, l’édifice portait le nom d’Amphitheatrum Flavium, en référence à la dynastie flavienne qui l’avait construit. Le terme « Colisée » apparut au VIIIe siècle, en allusion à l’immense statue colossale de Néron qui se trouvait à proximité, mais qui avait déjà disparu. Le peuple parlait alors de « l’amphithéâtre près du colosse », d’où vient le nom Colisée.
  30. Patrimoine mondial de l’UNESCO : Depuis 1980, le Colisée est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO au sein de l’ensemble « Centre historique de Rome ». Ce site protégé inclut également des lieux emblématiques comme le Forum Romain, les Forums impériaux, le Circus Maximus, la Fontaine de Trevi et la Place d’Espagne.