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Grande Mosquée de Djenné
Nom :Grande Mosquée de Djenné
Période de construction :à partir de 1906
Commanditaires :Communauté de Djenné / Administration coloniale française
Architecte :Ismaïla Traoré
Superficie totale :env. 3 200 mètres carrés
Structure la plus haute :Minarets, env. 18 mètres de haut
Matériaux :Briques d’argile séchées au soleil, mortier d’argile, bois de palmier rônier (Toron)
Patrimoine mondial de l’UNESCO :depuis 1988
La Grande Mosquée de Djenné au Mali se distingue par son imposante architecture en terre crue.

19 faits fascinants sur la Grande mosquée de Djenné

 

  1. Emplacement : La Grande mosquée de Djenné se trouve au cœur de la ville du même nom, dans le centre du Mali, au bord du fleuve Bani, un affluent du Niger. Djenné est située dans le delta intérieur du Niger, à environ 570 kilomètres au nord-est de Bamako. Elle compte près de 33 000 habitants et constitue un important carrefour commercial et de communication de la région.
  2. Importance : La Grande mosquée de Djenné est le plus vaste édifice religieux en terre crue du monde et représente le monument islamique le plus emblématique du Mali. Véritable symbole national, elle est à la fois la principale attraction du pays et un repère majeur de son patrimoine culturel et historique.
  3. Accessibilité : Depuis 1996, les non-musulmans ne sont plus autorisés à pénétrer dans la Grande mosquée de Djenné. Cette interdiction a été instaurée après une séance photo de mode réalisée à l’intérieur pour Vogue France, jugée offensante par la population locale. Depuis lors, les visites guidées à l’intérieur sont interdites aux non-musulmans, et la mosquée ne peut être observée que de l’extérieur.
  4. Structure précédente : La première mosquée construite à cet emplacement remonte aux environs de 1240, lorsque le sultan Koi Konboro, souverain de Djenné, se convertit à l’islam et fit transformer son palais en lieu de prière. Pendant plus de six siècles, elle demeura le centre religieux et intellectuel de la ville, jusqu’à sa dégradation en 1834 sous Sékou Amadou. Celui-ci la remplaça par une mosquée plus modeste et épurée, conforme à ses conceptions religieuses austères.
  5. Histoire de la construction : L’actuelle Grande mosquée de Djenné fut bâtie entre 1906 et 1907 sous l’administration coloniale française. Conçue et réalisée par des maîtres artisans locaux dirigés par Ismaila Traoré, elle occupe exactement l’emplacement de la mosquée médiévale. Son architecture et ses proportions s’inspirent du modèle ancien, sans toutefois en être une reproduction exacte.
  6. Projet de restauration : Le 20 septembre 2006, de violentes émeutes éclatèrent lors d’une inspection du toit de la Grande mosquée de Djenné. Les habitants craignaient que l’ajout d’éléments modernes, comme les ventilateurs de plafond offerts par l’ambassade des États-Unis, ne porte atteinte à la construction traditionnelle et aux règles religieuses. La situation dégénéra en affrontements, entraînant des destructions et faisant au moins une victime. Une importante campagne de restauration débuta en 2009 sous la direction de l’Aga Khan Trust for Culture. Les artisans locaux consolidèrent alors les murs et la toiture, et restaurèrent avec soin les surfaces intérieures et extérieures de la mosquée.
  7. Matériaux de construction : La Grande mosquée de Djenné est édifiée en briques de terre crue séchées au soleil, fabriquées à partir d’un mélange d’argile, de sable, d’eau et de matières organiques comme la paille de riz, liées entre elles par un mortier d’argile. La terre provient des berges du fleuve Bani, dont la boue fine et argileuse est particulièrement adaptée à ce type d’édifice. Une couche finale d’enduit d’argile très lisse recouvre les murs, leur donnant leur aspect uniforme et caractéristique.
  8. Piquets de toron : Les toron sont de longues poutres de bois issues du palmier rônier, insérées horizontalement dans les murs en terre de la Grande mosquée. Bien visibles à l’extérieur, elles servent d’échafaudage permanent permettant aux ouvriers d’escalader la façade lors du crépissage annuel. Elles renforcent également la stabilité de la structure. Leur disposition régulière façonne l’aspect distinctif de la mosquée et constitue un élément typique de l’architecture soudano-sahélienne.
  9. Entretien communautaire : Chaque année, peu avant la saison des pluies, la Grande mosquée de Djenné est recrépie au cours d’une grande fête communautaire. Les jours précédents, hommes et enfants piétinent la boue dans de larges fosses à la périphérie de la ville, souvent accompagnés de musique et de chants. Pendant ce temps, les femmes et les filles apportent l’eau dans de grands seaux. Le jour de la fête, les hommes grimpent sur les poutres de toron pour appliquer la terre fraîche sur les murs, tandis que toute la ville célèbre dans une ambiance joyeuse et animée.
  10. Les Barey-ton : Les Barey-ton sont la confrérie traditionnelle des maçons de Djenné, responsables depuis des siècles de la construction et de l’entretien de la Grande mosquée. Dirigés par un maître maçon – comme Ismaila Traoré lors de la reconstruction de 1906–1907 – ils préservent les techniques ancestrales du travail de la terre et transmettent leur savoir oralement de génération en génération. Ils supervisent également la cérémonie annuelle du crépissage et jouissent d’un grand respect en tant que gardiens d’un symbole essentiel de la ville.
  11. Système de drainage : La Grande mosquée de Djenné est érigée sur une plateforme en terre d’environ trois mètres de haut et de 75 mètres de côté. Ce socle protège l’édifice des crues saisonnières du fleuve Bani et répartit uniformément le poids de la structure. Un ingénieux système de drainage, intégré aux rebords du toit et composé de dizaines de tuyaux en terre cuite légèrement inclinés, permet d’évacuer efficacement l’eau de pluie, préservant ainsi les murs d’argile de l’érosion. Ensemble, la plateforme et ce dispositif garantissent la durabilité de la mosquée.
  12. Minarets : Trois imposants minarets en briques de terre dominent la façade orientale de la Grande mosquée de Djenné. Chacun est orné de poutres de toron et surmonté d’un œuf d’autruche blanc. Au Mali, ces œufs symbolisent la fertilité et la prospérité et sont également censés éloigner les araignées. Ils sont remplacés régulièrement pour conserver leur éclat. Ces tours coniques, hautes d’environ 18 mètres, confèrent à la mosquée une silhouette à la fois majestueuse et unique.
  13. Salle de prière : La salle de prière de la Grande mosquée occupe environ la moitié de la surface totale du bâtiment et repose sur 90 piliers massifs. Plus de 100 ouvertures dans le toit laissent entrer la lumière et l’air frais, tandis que les épais murs en terre assurent une température agréable à l’intérieur. Sur le mur est se dresse la qibla, orientée vers La Mecque, avec en son centre la niche de prière appelée mihrab.
  14. Place du marché : Devant la façade orientale de la Grande mosquée de Djenné s’étend la grande place du marché, véritable centre de la vie urbaine depuis des siècles. Chaque lundi, elle s’anime d’une foule de marchands et d’acheteurs venus de toute la région pour échanger produits agricoles, bétail, sel, étoffes et objets d’artisanat.
  15. Rôle de centre d’apprentissage : Jusqu’au XIXᵉ siècle, la Grande mosquée de Djenné fut un haut lieu du savoir islamique. Des érudits y enseignaient la récitation du Coran, le droit musulman, la langue arabe et diverses autres disciplines, attirant des étudiants venus de tout l’Ouest africain. Elle connut son apogée aux XVᵉ et XVIᵉ siècles avant de voir son influence décliner à la suite des bouleversements politiques.
  16. Modèle architectural : La Grande mosquée de Djenné a servi de modèle à de nombreux édifices postérieurs. Parmi eux figurent la Grande mosquée de Mopti, construite entre 1933 et 1935 au Mali, et la mosquée Missiri de Fréjus, dans le sud de la France, érigée en 1930 par des soldats ouest-africains en ciment, dans le style caractéristique de Djenné. Un autre exemple marquant se trouve hors du continent africain : le Musée d’art africain de l’île de Jeju, en Corée du Sud. Son architecture reprend des éléments essentiels de la tradition soudano-sahélienne, tels que les contreforts, les façades rythmées et les poutres apparentes de toron. De nombreuses mosquées plus modestes d’Afrique de l’Ouest s’inspirent elles aussi de ce style distinctif.
  17. Armoiries : Les armoiries du Mali présentent en leur centre une représentation stylisée de la Grande mosquée de Djenné. Au-dessus, un vautour aux ailes déployées symbolise la protection, la vigilance et la souveraineté. En dessous, un soleil levant et des arcs fléchés incarnent l’espoir, l’unité et la détermination du pays à se défendre.
  18. Religion au Mali : Plus de 90 % de la population malienne est musulmane. Environ 1 % pratique les religions africaines traditionnelles, tandis que le christianisme rassemble près de 3 % des habitants. L’islam malien se distingue par son esprit de tolérance et s’est au fil du temps harmonieusement intégré aux croyances locales.
  19. Patrimoine mondial de l’UNESCO : Depuis 1988, la Grande mosquée de Djenné est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre de la « Vieille ville de Djenné ». Cette reconnaissance englobe non seulement la mosquée, mais aussi environ 2 000 habitations traditionnelles en terre, ainsi que plusieurs sites archéologiques qui témoignent de l’ancienneté de la présence humaine dans la région.