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Bouchara
Minaret
Minorai Kalon
Nom :Minaret Kalon
Année de construction :1127
Commanditaire :Arslan Khan
Bâtisseur :Usto Bako
Hauteur :46,5 mètres
Diamètre (base x sommet) :9,7 mètres x 6 mètres
Matériau :Brique
Patrimoine culturel mondial de l’UNESCO :depuis 1993 (en tant que partie du centre historique de Boukhara)

20 faits fascinants sur le Minaret Kalon

 

  1. Emplacement : Le Minaret Kalon se trouve au cœur du centre historique de Boukhara, au sein du remarquable ensemble architectural de Poi Kalon. Cet ensemble comprend non seulement le minaret, mais aussi l’imposante mosquée Kalon et la splendide médersa Mir-i-Arab, situées face à face. Ensemble, ils forment l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’architecture islamique en Asie centrale.
  2. Importance : Le Minaret Kalon est le symbole de Boukhara et un exemple exceptionnel de l’architecture islamique. Avec ses 46,5 mètres de hauteur, il domine encore aujourd’hui la silhouette de la vieille ville. Il rappelle l’importance passée de Boukhara en tant que centre religieux et culturel.
  3. Structure précédente : Au même emplacement se trouvait autrefois un minaret plus ancien, probablement effondré à cause d’un fondement fragile ou d’un séisme. La mosquée voisine fut également gravement endommagée. De cette structure antérieure, il ne reste aucune trace visible aujourd’hui.
  4. Histoire de la construction : Le Minaret Kalon fut construit en 1127, sous le règne du souverain kara-khanide Arslan Khan, à une époque où Boukhara prenait de l’importance. L’architecte Usto Bako a immortalisé son nom, ainsi que celui du commanditaire, dans une frise décorative en briques cuites, encore visible dans le tiers inférieur de la tour. L’inscription est rédigée en écriture coufique et constitue l’un des rares exemples en Asie centrale où le nom de l’architecte est mentionné.
  5. Épargné par Gengis Khan : Lorsque Gengis Khan conquit Boukhara en 1220 et dévasta la ville, le Minaret Kalon fut l’un des rares bâtiments à être épargné. D’après la tradition, il fut tellement impressionné par l’élégance de la tour qu’il ordonna lui-même de ne pas la détruire. Gengis Khan fut un conquérant mongol et le fondateur du plus vaste empire terrestre de l’histoire.
  6. Fonctions multiples : Le Minaret Kalon ne servait pas uniquement à l’appel à la prière. Il faisait aussi office de tour de guet et de point d’observation. Grâce à sa hauteur imposante, il fut pendant des siècles un repère indispensable pour les caravanes de la route de la soie qui traversaient les vastes paysages vers Boukhara. Depuis la galerie supérieure, les souverains annonçaient également des décrets officiels, audibles dans toute la ville.
  7. Lieu d’exécutions : Jusqu’au début du XXᵉ siècle, le Minaret Kalon fut utilisé pour des exécutions publiques. Les condamnés étaient cousus dans des sacs, puis jetés depuis la galerie. Cette pratique cruelle faisait partie des rituels de châtiment appliqués par les émirs de Boukhara. Elle valut à la tour le surnom sinistre de « Tour de la mort ».
  8. La légende de la princesse : D’après une légende, une princesse accusée d’infidélité devait être précipitée du Minaret Kalon. Avant l’exécution, elle formula un dernier souhait : enfiler toutes ses jupes amples les unes sur les autres. En tombant, elles se déployèrent comme un parachute, ce qui lui permit d’atterrir en douceur. Émerveillé, le souverain décida de lui accorder la vie sauve.
  9. Dommages causés par l’Armée rouge : En 1920, l’Armée rouge entra à Boukhara pour renverser l’émirat et instaurer une république populaire communiste. Au cours des combats, le Minaret Kalon fut endommagé par des tirs qui touchèrent sa façade en briques. L’occupation soviétique dura plus de soixante-dix ans et ne prit fin qu’en 1991, avec l’indépendance de l’Ouzbékistan.
  10. Restauration : Les premiers travaux de restauration commencèrent dès 1924 pour sécuriser les éléments endommagés. Une campagne bien plus vaste fut entreprise en 1997, à l’occasion du 2500ᵉ anniversaire de la fondation de Boukhara. Des briques manquantes furent remplacées et les éléments décoratifs restaurés avec un grand soin. Ces interventions ont largement contribué à la sauvegarde du monument.
  11. Architecture : Le Minaret Kalon séduit par l’élégance de ses proportions. À la base, il atteint près de dix mètres de diamètre, puis s’affine progressivement jusqu’à environ six mètres au sommet. Cette forme élancée lui confère à la fois grâce et stabilité, même face à de fortes rafales. Particulièrement remarquables sont les motifs en briques finement disposées, ainsi que la galerie supérieure, sculptée avec soin, qui s’élève tel un couronnement de pierre.
  12. Matériaux de construction : Le minaret est entièrement construit en briques d’argile soigneusement cuites, toutes d’une teinte uniforme. Leur agencement subtil crée, selon l’ombre et la lumière, des motifs géométriques et calligraphiques. Juste en dessous du sommet, une frise étroite ornée de carreaux turquoise constitue l’un des plus anciens exemples de céramique émaillée encore conservés en Asie centrale.
  13. Fondations : Les fondations du Minaret Kalon s’enfoncent profondément dans le sol sablonneux de Boukhara, assurant au monument une stabilité exceptionnelle. D’après une légende, l’architecte Usto Bako aurait mélangé du sang de taureau, du lait de chamelle et des œufs de poule à son mortier, qu’il aurait laissé sécher pendant deux ans avant de commencer les travaux. La profondeur réelle des fondations reste inconnue jusqu’à aujourd’hui.
  14. Symbole protecteur : On raconte que le Minaret Kalon a traversé les siècles sans jamais subir de dommages majeurs. Même lors des violents tremblements de terre survenus au XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, la tour est restée presque intacte. Cette incroyable résistance lui a valu, dans la mémoire locale, le statut de gardien spirituel de la ville.
  15. Lanterne : Au sommet du Minaret Kalon s’élève une lanterne – un couronnement ajouré composé de seize arcs brisés. Autrefois, elle amplifiait l’appel à la prière tout en complétant la silhouette du monument. Juste en dessous, une frise sculptée en pierre évoque des gouttelettes suspendues, donnant à la structure une impression de légèreté aérienne. Dans la culture islamique, le nombre seize symbolise l’ordre, l’harmonie et la perfection.
  16. Plateforme d’observation : À l’intérieur du Minaret Kalon, un escalier en colimaçon de 104 marches mène à la galerie située juste sous la lanterne, d’où le muezzin lançait autrefois l’appel à la prière. Aujourd’hui, cet appel est diffusé par haut-parleurs, ce qui rend l’ascension inutile. Pour des raisons de sécurité, la plateforme n’est désormais plus accessible aux visiteurs.
  17. Mosquée Kalon : La mosquée Kalon est reliée au Minaret Kalon par un étroit pont en briques. Reconstruite au XVIᵉ siècle sur les fondations d’un édifice plus ancien, elle figure parmi les plus vastes mosquées du vendredi en Asie centrale. Son immense cour intérieure est entourée de plus de 200 colonnes et près de 300 petites coupoles, qui offrent une ombre rafraîchissante. Le portail principal, avec son dôme bleu et ses mosaïques finement travaillées, est particulièrement impressionnant.
  18. Tombe d’Usto Bako : L’architecte du Minaret Kalon, Usto Bako, aurait été enterré à seulement 45 mètres de son œuvre. Selon la légende, il aurait demandé que le minaret s’effondre sur sa tombe si un jour il venait à tomber.
  19. Origine du nom : Le nom « Minaret Kalon » vient du persan et signifie « grand minaret ». Il reflète à la fois la taille imposante de la tour et son rôle central dans l’histoire de Boukhara.
  20. Patrimoine mondial de l’UNESCO : Depuis 1993, le Minaret Kalon fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Il appartient à l’ensemble protégé du centre historique de Boukhara, qui comprend aussi la mosquée Kalon, la médersa Mir-i-Arab et de nombreux autres monuments de la vieille ville.