Asie
Laos
Phonsavan
Champ mégalithique
Thong Hai Hin
Nom :Plaine des Jarres
Nombre de jarres :environ 2 100
Période :vers 500 av. J.-C. – 500 apr. J.-C.
Hauteur :jusqu’à 3 mètres
Largeur :jusqu’à 2,5 mètres
Poids :jusqu’à 6 tonnes
Roche :grès
Patrimoine mondial de l’UNESCO :depuis 2019

15 faits fascinants sur la Plaine des Jarres

 

  1. Emplacement : La Plaine des Jarres se trouve dans les hauts plateaux reculés de la province laotienne de Xieng Khouang, autour de la ville de Phonsavan. Elle s’étend entre 1 100 et 1 300 mètres d’altitude. Les sites archéologiques sont répartis sur plus de 100 emplacements, au cœur d’un paysage vallonné composé de prairies, de rochers karstiques et de jungle.
  2. Importance : La Plaine des Jarres compte parmi les paysages archéologiques les plus fascinants et mystérieux d’Asie. Des centaines de grandes jarres en pierre sont disséminées à travers toute la région. On ne trouve des sites similaires que dans quelques endroits du monde, comme en Assam, en Inde, ou sur l’île indonésienne de Sulawesi. Mais aucun n’atteint l’ampleur de celui du Laos.
  3. Un site impressionnant : Plus de 2 100 jarres en pierre ont été découvertes, la plupart taillées dans du grès, parfois aussi dans du granit ou du conglomérat. Les plus grandes mesurent jusqu’à trois mètres de haut, environ 2,5 mètres de large et pèsent plus de 30 tonnes. Elles sont regroupées sur des collines, des clairières ou de petits plateaux – sans que l’on puisse reconnaître un ordre précis dans leur disposition.
  4. Fonction des jarres : Selon la théorie la plus répandue, ces jarres faisaient partie d’un ancien rituel funéraire. Elles servaient probablement à entreposer temporairement les corps avant leur crémation et leur inhumation. Des ossements, des cendres et des objets comme des poteries ou des perles de verre y ont été retrouvés. Mais pourquoi il y en a autant – et pourquoi certaines sont entièrement vides – reste à ce jour inexpliqué.
  5. Une civilisation oubliée : On ignore encore quel peuple a fabriqué ces jarres. Il n’existe ni inscriptions, ni bâtiments, ni traces d’habitations. Ce que l’on sait, c’est qu’elles datent d’une culture de l’âge du fer, qui vivait dans la région il y a environ 2 000 ans et maîtrisait des techniques remarquables. L’identité de ces hommes et les raisons de la disparition de leur culture restent l’un des grands mystères de l’archéologie.
  6. Fabrication et transport : Plusieurs carrières ont été découvertes autour de la Plaine des Jarres. On y trouve des jarres inachevées ainsi que des traces nettes de taille. Les artisans utilisaient probablement des outils simples, comme des ciseaux et des marteaux. Pour déplacer ces blocs de pierre pesant plusieurs tonnes, ils se servaient sans doute de rondins, de cordes et de traîneaux – peut-être même d’éléphants. Comment un tel exploit a été possible reste cependant un mystère non élucidé.
  7. L’étrange homme-grenouille : Parmi les plus de 2 100 jarres découvertes, une seule présente une décoration figurative. Elle montre un relief représentant une silhouette humaine, les bras tendus et les jambes écartées. Cette figure énigmatique est connue sous le nom d’« homme-grenouille ». Sa signification reste inconnue. La représentation rappelle les peintures rupestres préhistoriques de Chine. On peut l’observer sur le site 1.
  8. Disques de pierre énigmatiques : Entre les jarres, de grands disques de grès ont été retrouvés. Longtemps considérés comme des couvercles, cette interprétation est aujourd’hui remise en question. Il existe bien moins de disques que de jarres, et beaucoup ne reposaient pas sur les récipients, mais à côté. Certains servaient même de marqueurs funéraires. Il est donc plus probable qu’il s’agissait de pierres tombales ou de repères rituels. Quelques disques présentent des gravures élaborées : lignes en zigzag, spirales, animaux ou figures humaines. Le site 17, près de Ban Nakho, est particulièrement remarquable, avec jusqu’à 15 de ces disques rares.
  9. Site 1 : Le site 1 est le plus connu et le plus visité de la Plaine des Jarres. Il se trouve à seulement quelques kilomètres de Phonsavan et regroupe plus de 300 jarres, dont certaines comptent parmi les plus grandes. Les récipients sont dispersés sur des collines douces, à proximité d’une grotte qui aurait probablement eu une fonction rituelle.
  10. Site 52: Avec environ 415 jarres en pierre, le site 52 est le plus vaste de toute la Plaine des Jarres. Situé dans une région montagneuse reculée, il est difficile d’accès. Ce qui frappe ici, c’est le grand nombre de pierres funéraires, ce qui suggère une fonction rituelle importante. En raison de la présence de munitions non explosées, le site est fermé au public, mais reste essentiel pour la recherche archéologique.
  11. Recherches archéologiques : Les premières recherches systématiques sur les jarres ont été menées dans les années 1930 par l’archéologue française Madeleine Colani. Ses travaux ont posé les bases de la théorie selon laquelle ces jarres faisaient partie d’un ancien rituel funéraire. Après des décennies d’interruption, dues aux conflits et à l’isolement politique du pays, les fouilles ont repris dans les années 1990 grâce à la coopération internationale.
  12. Guerre d’Indochine : Jusqu’en 1954, le Laos faisait partie de l’Indochine française et était placé sous domination coloniale. Après l’indépendance, un conflit éclata entre le gouvernement royal et le mouvement communiste Pathet Lao, soutenu par le Nord-Vietnam. Dans les années 1960, les États-Unis intervinrent par crainte que le Laos ne tombe, comme le Vietnam, sous influence communiste. Bien que le pays ait officiellement adopté une position neutre, les États-Unis bombardèrent massivement le territoire entre 1964 et 1973 – y compris la Plaine des Jarres, qui subit d’importantes destructions.
  13. Munitions non explosées : De nombreuses jarres furent endommagées par les bombardements, et le sol reste aujourd’hui criblé de cratères. Le danger principal vient des quelque 80 millions de munitions non explosées toujours enfouies sous terre. À ce jour, seules trois zones sont considérées comme totalement sécurisées. Les visiteurs doivent impérativement rester sur les sentiers balisés. Depuis les années 1990, l’organisation internationale Mines Advisory Group travaille à la neutralisation de ces engins. Ce travail long et dangereux a permis d’ouvrir la Plaine des Jarres au tourisme.
  14. La légende des rois géants : D’après une ancienne légende, un roi géant nommé Khun Cheung aurait fait fabriquer les immenses jarres pour y stocker du vin de riz destiné à son armée victorieuse. Ces récipients auraient servi de coupes de fête pour un peuple de géants, transportées à travers le pays à l’aide d’éléphants – ou grâce à des pouvoirs magiques.
  15. Patrimoine mondial de l’UNESCO : En 2019, la Plaine des Jarres a été inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. La protection concerne 15 sites emblématiques, représentatifs de plus de 100 lieux archéologiques connus dans la région. Ce classement souligne la valeur unique de ce paysage culturel exceptionnel au cœur du Laos.