Asie
Thaïlande
Bangkok
Temple
Wat Pho
Nom :Wat Pho
Première grande extension :1788 – 1801
Commanditaire :Roi Rama Iᵉʳ
Deuxième grande extension :à partir de 1831
Commanditaire :Roi Rama III
Superficie totale :environ 80 000 m²
Longueur × largeur du Bouddha couché :46 mètres × 15 mètres
Structure la plus haute :les quatre chedis mesurent 42 mètres de haut
La statue du Bouddha couché dans le temple Wat Pho à Bangkok, Thaïlande.

22 faits fascinants sur le Wat Pho

 

  1. Emplacement : Wat Pho se situe au cœur de la vieille ville historique de Bangkok, sur l’île de Rattanakosin, juste au sud du somptueux Grand Palais. À proximité se trouvent plusieurs autres sites emblématiques, parmi lesquels le Wat Arun et le Musée national de Bangkok.
  2. Importance : Wat Pho est l’un des temples les plus anciens, les plus vastes et les plus prestigieux de Bangkok. Il existait déjà avant la fondation de la ville en 1782 par le roi Rama Ier et figure aujourd’hui parmi les sites les plus visités de Thaïlande.
  3. Structure antérieure : À l’emplacement actuel de Wat Pho se trouvait autrefois un temple plus ancien appelé Wat Photharam, probablement construit au XVIIᵉ siècle à la fin de la période d’Ayutthaya. Il s’agissait d’un modeste complexe monastique d’importance régionale, dont la date exacte de fondation et les fondateurs restent inconnus.
  4. Contexte historique : Pendant plusieurs siècles, Ayutthaya, située à environ 70 kilomètres au nord de Bangkok, fut l’un des centres commerciaux les plus prospères d’Asie et entretenait des relations étroites avec la Chine, la Perse et l’Europe. En 1767, la ville fut prise et totalement détruite par les troupes birmanes après une longue guerre. Temples, palais et trésors artistiques furent alors anéantis. La chute d’Ayutthaya mit fin à plus de 400 ans de prospérité et marqua pour le royaume de Siam, l’actuelle Thaïlande, le début d’une nouvelle ère politique. Le roi Taksin fonda ensuite une nouvelle capitale à Thonburi, sur la rive ouest du fleuve Chao Phraya, afin de réunifier le royaume divisé. Quelques années plus tard, le roi Rama Ier transféra la capitale sur la rive est et y fit bâtir en 1782 la nouvelle Bangkok, qui finit par se fondre avec Thonburi.
  5. Grandes extensions : Sous le règne du roi Rama Ier, une vaste reconstruction de l’ancien Wat Photharam débuta en 1788. Le terrain fut asséché, surélevé et orné de nouvelles salles, de galeries et de chedis. De nombreuses statues de Bouddha provenant des ruines d’Ayutthaya et de Sukhothaï y trouvèrent refuge. Après treize ans de travaux, le temple fut inauguré en 1801 sous le nom de Wat Phra Chetuphon Vimolmangklavas. Une seconde grande extension eut lieu à partir de 1831 sous le roi Rama III, qui agrandit considérablement le site et fit installer plus de 1 400 plaques de marbre gravées d’inscriptions éducatives. C’est également à cette époque que fut construite la monumentale salle du Bouddha couché, devenue aujourd’hui le symbole du temple.
  6. Complexe impressionnant : Avec une superficie d’environ 80 000 mètres carrés, Wat Pho est l’un des plus vastes ensembles religieux de Bangkok. Il abrite également l’une des plus grandes collections de statues de Bouddha de Thaïlande, avec plus de 1 000 sculptures. Le complexe se divise en deux zones principales : le Phutthawat, la partie sacrée où se trouvent l’Ubosot et le Viharn du Bouddha couché, et le Sangkhawat, réservé à la vie et à l’enseignement des moines. Ces deux secteurs sont séparés par la rue Chetuphon, qui traverse le temple d’un bout à l’autre. Au total, Wat Pho compte plus de 90 chedis, dont 71 renferment les cendres de membres de la famille royale et 20 abritent des reliques du Bouddha.
  7. Le Bouddha couché : La statue monumentale de Wat Pho mesure 46 mètres de long et 15 mètres de haut. Entièrement recouverte de feuilles d’or, elle fut achevée en 1832 sous le règne du roi Rama III. Le Bouddha y est représenté allongé sur le côté droit, la tête reposant sur la main. Les pieds, hauts de trois mètres et longs de quatre mètres et demi, sont décorés d’incrustations de nacre d’une finesse remarquable. Cent huit panneaux y figurent des symboles sacrés tels que la fleur de lotus, l’éléphant ou l’éventail, qui incarnent les vertus du Bouddha et la perfection de l’esprit. Le nombre 108, issu des anciens textes bouddhiques, représente l’ensemble des passions, des erreurs et des vertus humaines que l’on doit dépasser pour atteindre l’illumination.
  8. La signification symbolique : La posture allongée montre le Bouddha au moment où il accède au Nirvana, l’état de libération totale de la souffrance, du désir et du cycle des renaissances. Selon la doctrine bouddhiste, chaque être renaît de nombreuses fois jusqu’à atteindre l’éveil par la sagesse, la compassion et la connaissance. Celui qui atteint cet état est délivré de toute souffrance terrestre. À la mort d’un être éveillé, le cycle des renaissances prend fin et son esprit entre dans le Parinirvana, l’état ultime au-delà de la vie et de la mort.
  9. Rituel de chance : Tout le long de la statue du Bouddha couché, 108 bols de bronze sont alignés. Les visiteurs y déposent de petites pièces afin d’attirer la chance et de créer des mérites karmiques. L’importance du geste ne réside pas dans la valeur de la pièce, mais dans l’intention avec laquelle elle est offerte. La gratitude, la compassion et le désir de faire le bien génèrent un karma positif qui favorise la paix intérieure ainsi que des qualités comme la patience, la générosité et la pleine conscience.
  10. L’Ubosot : L’Ubosot est l’un des sanctuaires bouddhistes les plus sacrés de Thaïlande. Il sert encore aujourd’hui de lieu d’ordination pour les moines et d’espace de célébration pour les grandes cérémonies religieuses. À l’intérieur se trouve une imposante statue dorée du Bouddha, installée sur un trône à plusieurs niveaux finement décoré, sous lequel reposent les cendres du roi Rama Ier. Le toit, composé de plusieurs couches, est orné de mosaïques de verre coloré et de céramiques qui scintillent magnifiquement au soleil.
  11. Les quatre chedis royaux : Au centre de Wat Pho s’élèvent, sur une même terrasse, quatre chedis d’environ 42 mètres de haut. Chacun est dédié à l’un des quatre premiers rois de la dynastie Chakri : le vert pour Rama Ier, le blanc pour Rama II, le jaune pour Rama III et le bleu pour Rama IV. Leurs surfaces sont couvertes d’une multitude d’ornements en porcelaine et de motifs floraux qui scintillent sous la lumière du soleil. Dans la tradition bouddhiste, les chedis sont des monuments sacrés destinés à abriter des reliques du Bouddha, de grands moines ou de souverains vénérés.
  12. Les galeries du Bouddha : Les galeries de Wat Pho forment un couloir à colonnes rectangulaire qui encercle le sanctuaire intérieur. Le long des murs se trouvent plus de 400 statues dorées du Bouddha provenant de différentes époques et régions de Thaïlande. Beaucoup d’entre elles viennent des ruines d’Ayutthaya et de Sukhothaï.
  13. Les gardiens chinois : À l’intérieur de l’enceinte de Wat Pho se dressent d’imposantes statues de pierre venues de Chine. Elles servaient autrefois de lest sur les navires marchands qui transportaient des cargaisons légères vers le royaume de Siam. Les artisans chinois sculptaient ces blocs en figures décoratives qui, une fois arrivées à destination, étaient revendues ou utilisées comme ornements. À Wat Pho, elles furent installées comme gardiens des portails, chargés de protéger le temple contre les esprits malveillants.
  14. Les gardiens mythiques du temple : Deux puissantes figures de yak, des géants mythologiques, se tiennent à l’entrée du pavillon des Écritures, le Phra Mondop. Selon une ancienne légende, ils se seraient affrontés avec les géants du temple de Wat Arun, situé à environ 300 mètres sur la rive opposée du fleuve Chao Phraya. Leur querelle aurait dévasté le quartier commerçant de Tha Tien, situé entre les deux temples. En punition, la divinité Phra Isuan les transforma en pierre, et depuis lors, ils veillent silencieusement sur leurs sanctuaires respectifs.
  15. Les reliefs de marbre : Le mur extérieur de la salle d’ordination de Wat Pho est décoré de 152 reliefs en marbre finement sculptés qui représentent des scènes du Ramakien, la version thaïlandaise de l’épopée indienne du Ramayana. Ces reliefs transmettent aux visiteurs les valeurs morales de cette légende. Autrefois, les visiteurs plaçaient une fine feuille de papier de riz sur les sculptures et frottaient avec du charbon ou du graphite pour obtenir des empreintes précises. Comme cette pratique provoquait de légères rayures sur le marbre, elle fut officiellement interdite en 1965 pour préserver ces œuvres délicates.
  16. Le Ramakien : Le Ramakien est l’adaptation thaïlandaise de l’épopée indienne du Ramayana. Elle raconte l’histoire du prince Rama, de son épouse Sita et de leur lutte contre le roi démon Ravana. Sous le règne du roi Rama Ier, au XVIIIᵉ siècle, cette histoire fut réécrite et adaptée à la culture thaïlandaise. Les lieux et les noms furent modifiés, Hanuman, le général singe et fidèle compagnon de Rama, y prit une importance plus grande, et plusieurs épisodes furent replacés dans un cadre bouddhique. Alors que le Ramayana met l’accent sur le karma et le devoir, le Ramakien valorise les vertus royales et la loyauté. Au cœur du récit se trouvent la victoire du bien sur le mal et la force de la droiture morale.
  17. L’arbre de la Bodhi : À Wat Pho pousse un figuier sacré considéré comme un descendant direct du Bodhi originel de Bodh Gaya. C’est sous cet arbre que Siddhartha Gautama, devenu plus tard le Bouddha, atteignit l’illumination vers 500 avant J.-C. Une branche de cet arbre fut envoyée au IIIᵉ siècle avant J.-C. au Sri Lanka par un empereur et sa fille, où elle fut plantée à Anuradhapura. Cet arbre est aujourd’hui reconnu comme le plus ancien arbre planté par l’homme encore vivant. Au XIXᵉ siècle, une bouture aurait été offerte à la Thaïlande et plantée à Wat Pho. Les fidèles y déposent des fleurs et de l’encens pour demander bénédiction et clarté intérieure.
  18. Première institution éducative publique de Thaïlande : Dans les années 1830, le roi Rama III fit installer sur l’ensemble du site de Wat Pho plus de 1 400 plaques et inscriptions en marbre contenant des connaissances sur la médecine, le massage, l’astronomie, la botanique, la poésie et la religion. Jusqu’alors, l’enseignement à Siam était presque exclusivement réservé aux moines et aux monastères. En 2011, cet ensemble exceptionnel de savoirs a été inscrit au registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO.
  19. Le massage thaïlandais : Wat Pho est le lieu où furent rassemblées et préservées les connaissances traditionnelles de la médecine et du massage thaïlandais. Ces savoirs furent gravés sur la pierre et les murs du temple afin d’être transmis aux générations futures. En 1955, Wat Pho devint la première école officielle de massage thaïlandais. Depuis, plus de 200 000 praticiens venus de plus de 140 pays y ont été formés. Les étudiants suivent un enseignement certifié comprenant la pratique, la théorie et un examen final. En 2019, le massage thaïlandais tel qu’il est enseigné à Wat Pho a été inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
  20. Les ermites du yoga dans le jardin : Entre les bâtiments du temple se trouvent des statues de pierre représentant différentes postures de yoga et de massage. Ces figures, appelées ermites du yoga, illustrent les exercices de gymnastique thérapeutique traditionnelle thaïlandaise utilisés autrefois pour former les élèves.
  21. Un monastère toujours actif : Wat Pho reste aujourd’hui un monastère vivant avec sa propre zone résidentielle et éducative, le Sangkhawat, qui n’est pas accessible au public. La journée des moines commence avant le lever du soleil par la prière, suivie de la quête des aumônes. Ils parcourent alors les rues pieds nus pour recevoir la nourriture offerte par les fidèles. Ensuite, ils se consacrent à l’étude des enseignements bouddhistes et à l’éducation des novices.
  22. Origine du nom : Le nom Wat Pho vient de l’ancien nom du temple, Wat Photharam, qui signifie « temple de l’arbre de la Bodhi ». Il fait référence à l’arbre de l’illumination de Bodh Gaya, sous lequel le Bouddha atteignit l’éveil.